LE SITE DE JOEL FRANZ ROSELL, auteur et illustrateur cubain




LE SITE DE JOEL FRANZ ROSELL, AUTEUR ET ILLUSTRATEUR CUBAIN


Plus qu'un véritable blog, ceci est un site personnel autour du livre pour la jeunesse à Cuba, en France et ailleurs (là où j'habite, lá où je me trouve, là où sont mes livres et mes lecteurs). Tenu dans l'urgence par un Cubain qui n'a pas appris le français très tôt ni à l'école, il peut se trouver ici et là des maladresses de style voire plus si fatalité... Soyez indulgents et signalez-moi l'erreur: ils sera exterminé sur-le-champ.

CE WEEK-END JE SUIS AU SALON DU LIVRE DE MONTREUIL


CE WEEK-END JE SUIS AU SALON DU LIVRE DE MONTREUIL

Nous nous reverrons au stand H23 des éditions HongFei Cultures 
au Salon du livre de Montreuil 
autour de ma nouvelle série d'albums pour les tout-petits
PETIT CHAT

Vendredi 2 Dec: 11h30-13h00
Samedi 3 Dec: 10h30-12h30
Dimanche 4 Dec: 12h00-13h30
 








AUSSI, AU STAND DE BAYARD, UNE NOUVELLE VERSION DE MON ALBUM
PETIT CHAT NOIR A PEUR DU SOIR (malgré les apparences, cet album n'a rien à voir avec la série ci-dessus) EST PROPOSEE DANS UN MAGNIFIQUE COFFRET CADEAU AVEC QUATRE AUTRES TITRES DE LA COLECTION Les belles histoires des tout-petits

Je signe mes trois derniers livres à Tours


Ce 19 novembre je suis allé à Tours pour un après- midi dédicaces de mes trois derniers livres




tous publiés cette année par


editeur basé justement à Amboise,
très prés de Tours


Le rendez-vous faisait partie du programme de rencontres de la librairie La boîte à livres, situé dans la rue Nationale, a moins de 200 mètres de là ou se trouvait la maison natal de Honoré de Balzac... un auteur qui fut l’un de premiers à me faire connaître dans mon lointain Cuba d'origine la littérature française à laquelle j'appartiens désormais.

Le quartier a été détruit lors de la prise de Tours par les troupes allemandes en 1940, mais la rue National est toujours l’une des principales artères de la ville, toujours très commerçante elle accueille une double ligne de trams. Il y avait plein monde ce samedi après-midi et la librairie elle-même était très fréquentée.


Ma présence était annoncée dans la vitrine des livres pour enfants et deux dames m'attendaient, exemplaire en main, pour obtenir une dédicace pour leurs petites-filles.


Pour le public, les séances de dédicaces sont l'occasion de connaître un auteur qu'on a déjà lu,
d'en découvrir de nouveaux ou, c'est le plus courent dans les livres pour les plus petits,
d'offrir aux plus jeunes de la maison un ouvrage personnalisé qu'affirmera peut-être la passion pour les livres et la lecture.
Pour nous, auteurs et illustrateurs, c'est l'occasion de dialoguer avec ceux à qui on consacre notre travail: des enfants, des parents et grands parents, des enseignants...
  

Après une pause dans la cafétéria installée au deuxième étage, juste à côté du large et très bien achalandé espace jeunesse...


 

 Après presque trois heures de dédicaces je suis parti pour une viré rapide du Vieux Tours. Il faisait déjà nuit et il ne me restait pas très longtemps avant mon train. 

échantillon de l'humour tourengeaux dans une boutique
du Vieux Tours 
Heureusement j'avais pu voir un peu du centre ville à mon arrivée, lorsqu'il faisait encore jour:


la catedral de Saint-Gatien

le château
auberge des Blancs Manteaux où j'aurais bien cassé la croûte

dans cette maison habitait celui qui fournit
à Jeanne D'Arc son armure


Je me suis promis de ne pas dire que j'ai connais une ville dans laquelle je n'ai au moins visité une des bibliothèques:
la bibliothèque municipale
le très coloré et sympathique espace des plus petits


Deux de mes 10 livres français figurent dans le catalogue de la bibliothèque municipale:
Cuba destination trésor (le deuxième, publié en 2000 et actuellement épuisé)
et "Petit Chat et le ballon" (le huitième, paru en mars 2016)

Entre les livres en langues étrangères, ceux en espagnol ne sont pas les moins nombreux
mais pour la deuxième langue étrangère enseigné en France, c'est peu.

J'ai même découvert l'étonnante ressemblance entre les armoiries de Tours et La Havane 



armoiries de Tours
Les armoiries de la capitale cubaine
représentante ses trois châteaux forts
et sa position stratégique de "clé" du golfe du Mexique































Petit Chat et la neige ou l'amitié n'a pas de couleur

DEUX NOUVELLES NOTES A PROPOS DE
Petit Chat et la neige
Publié le par Yv



Petit Chat et la neige

Petit Chat et la neige, Joel Franz Rosell, Constanze Von Kitzing, Éd. HongFei, 2016.....
La maman de Petit Chat lui demande de sortir jouer dehors avec son amie Petite Lapine. Il neige. Petit Chat est tout noir et très visible. Petite Lapine est blanche et se cache donc facilement.
Petit Chat est une série qui compte déjà deux numéros, Petit Chat et le ballon et Petit Chat et les vacances, à offrir dès trois ans. Dans Petit Chat et la neige, il est question de différence de couleur et comment cette différence n'est qu'une apparence vite gommée par les circonstances. Autant vous dire qu'il est donc urgent de se procurer ce livre pour parler aux petits de ce qui n'est qu'une caractéristique particulière propre à chaque être humain et non pas une preuve d'un certain classement de la hiérarchie humaine. Bon, peut-être le dire avec des mots plus simples... d'où l'intérêt du livre que l'on peut aussi lire très innocemment, juste pour l'histoire de deux enfants qui aiment jouer ensemble.
Je le disais il y a peu de temps (hier, pour les moins fidèles d'entre vous), je n'ai pas l'habitude de parler de littérature enfantine, mais octobre de cette année est un mois pendant lequel une charmante petite fille de trois ans vient à la maison, ça me paraissait donc tout indiqué pour parler de ce qui l'intéresse.
Joel Franz Rosell écrit les textes. Il est inspiré par ses voyages et par les autres. Cubain qui a vécu dans divers pays, il vit désormais à Paris.
Constanze von Kitzing est illustratrice. Ses dessins sont épurés, simples et vraiment très beaux.

Pour plus de précision et pour combler votre légitime curiosité, je vous invite à visiter le site de l'éditeur, HongFei Culutures. http://www.hongfei-cultures.com/catalogue/titres/petit-chat-et-la-neige/


Petit chat noir et petite lapine blanche sont les meilleurs amis du monde et adorent jouer ensemble ! Un jour de neige, alors qu’ils s’amusent tranquillement dans la chambre de petit chat, sa maman leur demande d’aller un peu prendre l’air, de profiter de cette belle neige toute blanche pour faire un bonhomme de neige, par exemple ! Tous deux s’habillent chaudement, commencent à se mettre à l’ouvrage, mais très vite, ils préfèrent jouer à cache-cache… Mais c’est pas drôle ! Petite lapine trouve tout de suite petit chat qui est tout noir ! Ils décident d’aller continuer leur partie au sous-sol et se cachent derrière le tas de charbon, mais là, c’est petite lapine qui ne trouve plus petit chat !!! Ils retournent jouer dans la neige et comme petite lapine est toute sale, le jeu devient vraiment intéressant !!! Un adorable album aux illustrations très tendres ! A partir de 3 ans.

Petit Chat Noir a peur du soir en coffret cadeau


Je viens de recevoir la version en coffret de mon album 

PETIT CHAT NOIR A PEUR DU SOIR
quatre autres excellents albums pour les tout petits se trouvent dans ce coffret,
le deuxième d'un série commencée par Bayard en 2015 avec les meilleures ventes de la collection 
Les Belles Histoires des Tout-petits


couverture de l'album publié début 2010


la première version est paru dans la revue Tralalire; en mai 2008



version anglaise dans la revue Story Box n°137



Petit Chat Noir a peur du soir est le premier texte que j'ai écris directement en français. Vu son succès, Bayard m'a suggéré de développer un série, ce que j'ai fait... avec un décalage qui en excluait cette première histoire néanmoins. Sans me rendre compte, je racontais désormais les aventures d'un chat totalement humanisé (sur deux pattes, habillé, allant à l'école...). 
C'est pourquoi, ma série Petit Chat n'a rien à voir avec Petit Chat Noir a peur du soir et qu'elle est publié en français par Hongfei-Cultures, après avoir connu un certain succès dans les quatre langues principales de l'Espagne et en portugais, italiens, anglais, chinois...
Pendant ce temps, Petit Chat Noir a peur du soir, que je me suis dépêché de réécrire en espagnol, reste désespérément inédit en espagnol, la langue où sont publiés presque tous mes trente livres. 
Bizarre...

PETIT CHAT ET LES VACANCES... à lire avant et après



Le deuxième volet de la série Petit Chat (Hongfei-Cultures), en librairies depuis le juin dernier, ne parle pas précisément des vacances d'été, mais des vacances en général... et de comment on peut très bien les vivre même si l'on n'as pas d'argent


Bref, il s'agit d'un album en peu différent, tout en restant en parfaite cohérence avec le concept de la série... d'autant plus que l'illustratrice la connait très bien. En fait, avant Petit Chat et les vacancesConstanze von Kitzing eut l'occasion d'illustrer deux autres volumes.

Originalement publié par Kalandraka (Espagne) "Petit Chat et les vacances" est désormais disponible en sept langues

Voici quelques notes de lecture:


C’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé Petit Chat. Il est encore une fois entouré de ses amis : Petite Cane, Petit Hérisson…
J’ai encore une fois adoré les illustrations simples mais attendrissantes et toutes en douceur de Mme Von Kitzing.
Dans les albums de jeunesse, il est souvent question de la rentrée scolaire mais beaucoup plus rarement du départ en grandes vacances et des inquiétudes qu’il peut susciter chez les petits quant à la destination ou à l’organisation de ce temps de «  repos ».
Très actuel ce livre explique bien les différentes formes que peuvent prendre les vacances, tant au niveau de la destination (mer, montagne, étranger) que de l’organisation (avec un seul parent ou les deux, sans les parents…).
J’ai beaucoup aimé la conclusion de ce livre : finalement le plus important n’est pas le lieu mais de partager du temps avec ceux que l’on aime !
Je regrette de ne pas avoir pris le temps de lire ce livre à mes loustics avant les vacances ( emploi du temps trop chargé !) mais je l’utiliserai sans faute à la rentrée pour leur faire raconter ce qu’ils ont fait avant la rentrée, et leur montrer que même si on reste chez soi  ( ce qui est le cas d’une majorité de mes loulous) on peut bien s’amuser !
Un grand merci à Mr Gabriel Lucas ( ;-) ) et aux éditions Hong Fei pour cet envoi coup de cœur pour moi!
J’ai hâte de découvrir la troisième aventure de Petit Chat : je vais travailler sur les héros récurrents avec mes petits l’an prochain !  
Titou Lireetrelire

La première fois que j'ai vu Petit Chat et les vacances c'était dans l'excellente compagnie d'Alice, le Petit Prince, Lafontaine, Perrault...
Ce livre est parfait pour passer en revue les différentes possibilités pendant les vacances... Il n’y a que Petit chat qui ne part pas en vacances. Mais il découvre que le principal c’est d’être ensemble. (c’est cucul, mais c’est mignon, non?)...C’est l’occasion de rappeler que tous les enfants n’ont pas la chance d’aller en vacances. Même si c’est plus commun de partir qu’à notre époque. (oui, je parle comme une vieille, c’est officielle)... Il est très agréable très doux. Et passe très bien le soir. Parfait pour parler des vacances en cours et à venir!
Minute Livre

J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire pour enfants. C’est assez rare de mettre l’accent sur les enfants qui ne partent pas en vacances. On parle toujours de ceux qui partent à la montagne, à la mer, chez les grands-parents, … Mais qu’en est-il de ceux qui restent chez eux à la maison ? C’est vrai que ces enfants peuvent se sentir un peu délaissé par rapport aux livres. Ici, Petit Chat est comme tous ces enfants qui ne partent pas en vacances. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas une raison pour s’ennuyer. Il y a souvent plein de choses à découvrir près de chez soi.
C’est donc une nouvelle fois avec plaisir que nous avons retrouvé Petit Chat et nous l’avons une fois de plus beaucoup aimé.
Un album tendre et délicat, une nouvelle aventure de Petit chat qui dit que les vacances c’est chouette, que partir c’est super, mais que rester n’est pas une fatalité et qu’on peut passer du bon temps à la maison avec ses parents qui ont enfin le temps pour s’occuper de nous et vivre à un rythme différent. On aime l’histoire et son message positif et chaleureux, on aime beaucoup l’atmosphère créé par les illustrations de Constanze Von Kitzing. Tout un univers, des tons chauds et lumineux et des forment douces et chaleureuses pour les petits notamment.

Jean Louis

http://librairiesandales.hautetfort.com/archive/2016/07/25/petit-chat-et-les-vacances-5829587.html



... et le même jour on m'avait envoyé cette image de l'édition portugaise dans une librairie prestigieuse de Lisbon
C’est la fin de l’école. Petit Chat et ses amis parlent de ce qu’ils feront  pendant les vacances. Chacun raconte la destination qui l’attend: chez la grand mère, sur la plage, à l’étranger,… Petit Chat ne sait pas ce qu’il fera pendant l’été et a peur de s’ennuyer.
Comme le précédent titre de cette série, cet album raconte une histoire simple, celle d’un enfant qui découvre les autres. Ici, le sujet permet d’installer les prémices de compétition entre les enfants. Selon leurs habitudes, leurs moyens et leur foyer (parents divorcés ou non), les enfants ne vivront pas le même été alors que l’école les met sur un pied d’égalité. La simple description de chaque situation ouvre les nombreuses différences qui existent entre les familles. Cet album permet d’expliquer par plusieurs exemples la diversité des vacances et les particularités de chacun. Les dessins et les couleurs accentuent l’attachement pour les personnages. Quelques détails font exister les décors et la mise en scène très directe facilite la compréhension de l’histoire. Cet album démontre qu’on peut contourner les éventuelles inquiétudes d’un enfant par les mots.  C’est sa mère et sa famille réunie qui réconfortera Petit Chat lorsqu’il rentrera à la maison.


J'avais déjà beaucoup aimé le premier album avec ce petit héros.
Le ton est plus enjoué que dans l'album précédent. Chacun évoque ses vacances et puis on revient dans l'atmosphère un peu mélancolique qui m'avait tant plu dans l'album précédent.
Ce sont surtout les illustrations qui apportent beaucoup à l'album. C'est joli, tendre, là encore un peu mélancolique.
Un bel album.

http://bloguiblogas.blogspot.fr/2016/10/petit-chat-et-les-vacances.html

UN PEU DE SOLEIL DANS CE MONDE DE BRUMES

Un peu de soleil dans ce monde de brumes, de pluies et de quelques brutes. Oui, rien de mieux qu'un livre ensoleillé, illuminé par les charmantes illustrations de Constanze von Kitzing avec cette histoire dans laquelle j'essaye d'expliquer aux plus petits que l'essentiel dans les vacances n'est pas d'aller à la plage, à la montagne ou à l'étranger mais quelque choses de bien plus simple et précieux: être avec les gens que l'on aime.

Hongfei Culture a fait une très belle édition de cette album
originalement publié par Kalandraka
dans les cinq langues de la péninsule ibérique

 J'ai reçu mon huitième livrer français, en "tenue de circonstance", lors d'un des rares jours de chaleur du triste et humide mois de juin dernier.


C’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé Petit Chat. Il est encore une fois entouré de ses amis : Petite Cane, Petit Hérisson…
J’ai encore une fois adoré les illustrations simples mais attendrissantes et toutes en douceur de Mme Von Kitzing.
Dans les albums de jeunesse, il est souvent question de la rentrée scolaire mais beaucoup plus rarement du départ en grandes vacances et des inquiétudes qu’il peut susciter chez les petits quant à la destination ou à l’organisation de ce temps de «  repos ».
Très actuel ce livre explique bien les différentes formes que peuvent prendre les vacances, tant au niveau de la destination (mer, montagne, étranger) que de l’organisation (avec un seul parent ou les deux, sans les parents…).
J’ai beaucoup aimé la conclusion de ce livre : finalement le plus important n’est pas le lieu mais de partager du temps avec ceux que l’on aime !
Je regrette de ne pas avoir pris le temps de lire ce livre à mes loustics avant les vacances ( emploi du temps trop chargé !) mais je l’utiliserai sans faute à la rentrée pour leur faire raconter ce qu’ils ont fait avant la rentrée, et leur montrer que même si on reste chez soi  ( ce qui est le cas d’une majorité de mes loulous) on peut bien s’amuser !
Un grand merci à Mr Gabriel Lucas ( ;-) ) et aux éditions Hong Fei pour cet envoi coup de cœur pour moi!
J’ai hâte de découvrir la troisième aventure de Petit Chat : je vais travailler sur les héros récurrents avec mes petits l’an prochain !  


J'ai rétrouvé les charmants éditeurs de Hongfei-Cultures
Chun-Liang Yeh et Loïc Jacob
à la Librairie du Phénix, à Paris


Paris Plage: recontre fortuite avec une "lectrice"


Disponible dans les meilleurs librairies de France et de Navarre 





Hollywood me fait-t-il la pub?


Petit Chat et les vacances est le deuxième volet de la série Petit Chat, dont la publication en français débuta en mars avec Petit Chat et le ballon 

comment ne pas se sentir "footballistique" ces jours-ci?
SUR PETIT CHAT ET LE BALLON:

Ce petit album au format allongé nous raconte l’histoire d’un petit chat qui vient d’emménager dans un nouvel immeuble. Un jour qu’il rentre de l’école il trouve un ballon abandonné et le prend avec lui. Il s’amuse bien quand sa maman le questionne et lui explique que le ballon a certainement un propriétaire et qu’il faut avant tout s’assurer qu’il ne manque à personne. Mais petit chat ne connaît personne dans l’immeuble, ils viennent juste d’arriver. Alors obéissant, il va faire la tournée des voisins et faire la connaissance de nouveaux amis et du propriétaire du ballon et partir s’amuser.
Une très jolie histoire qui parle de nouveau cadre d’habitation, de déménagement, de timidité face à la nouveauté et de belles rencontres qui forgent l’amitié. On aime l’histoire mais aussi les illustrations et les tons de couleurs employées avec une dominante de marron et orangé parsemé de vert et d’autres couleurs qui apportent dynamisme à l’ensemble. Un album dans lequel on se sent bien et qui parlera aux plus jeunes .

Jean-Luc  http://librairiesandales.hautetfort.com/archive/2016/06/21/petit-chat-et-le-ballon-5817599.html

Originalment publié par Kalandraka (Pontevedra et Sevilla, Espagne), ce premier volet a déjà était traduit en neuf langues, dont l'anglais, le chinois, l'espagnol, l'italien et le portugais.




 Le  troisième volet, Petit Chat et la neige, paraîtra en novembre. 



Autour de mes livres, de la lecture, l'écriture, l'illustration

Autour de mes livres, de la lecture, l'écriture, l'illustration
je rencontre des enfants Français, Cubains, Espagnols, Colombiens, Guyanais, Argentins, Brésiliens...

message d'accueil

Auteur pour la jeunesse je le suis depuis presque toujours, car avant de les écrire pour de bon, je me racontais moi-même des histoires, puis je les ai racontés a ma sœur, mon frère, mes amis... J’ai publié mon premier texte et mon premier dessin à 19 ans et en 1983, mon premier livre. Six ans après j'ai quitté Cuba. C'était quelques mois avant la chute du Mur de Berlin. Arrivé en France en septembre 1994, après avoir vécu deux ans au Brésil et trois au Danemark, je suis reparti pour quatre ans et demie en Argentine. Depuis 2004, mes racines s'enfoncent sur le sol parisien. J'y écris mes romans toujours en espagnol, mais les contes et histoires me viennent de plus en plus souvent en français. Mes thèmes sont liés à Cuba, mais pas seulement car j’ai une écriture et des sujets « universels ». Même si plusieurs de mes livres sont parus en français (en portugais et même en basque) avant d'être publiés en espagnol, je compte presque une trentaine de titres publiés à Cuba, en Espagne, en Argentine, au Mexique, en Colombie... contre sept seulement en français. Je suis un métis culturel accompli en ce qui concerne la langue, les références vitales, les formes littéraires, les repères culturels ou politiques. C’est aussi par métissage que j’illustre de temps en temps mes livres. Ayant pratiqué le journalisme littéraire et les animations très tôt, c’est naturellement que je trouve dans ces dernières formes d’activité et de rencontre de l’autre, le même plaisir créateur que dans la production de mes fictions.

un auteur multiculturelle dans la classe

un auteur multiculturelle dans la classe
version de l'article d'Anne Marie Latapie publié dans InterCDI in Intercdi n°226 n° spécial 2010

atelier d'écriture, l'opinion d'un enseignant


Le 18 décembre 2008, la classe de 6e 2 a accueilli Joel Franz Rosell, écrivain partenaire de Voyages en ville. L'auteur n'était pas exactement un inconnu, puisque les élèves avaient lu son roman Cuba, destination trésor. Ce roman d'aventure, qui raconte la passionnante découverte d'un double trésor à Cuba par une fillette espagnole, a plu à l'ensemble de la classe. Certains élèves ont d'ailleurs obtenu une excellente note au contrôle de lecture rendu le matin même.

Cette fois pourtant, c'est physiquement que M. Rosell s'est présenté devant eux, rejoint un peu plus tard par Mme Caveng, notre ex-documentaliste, qui a exercé toute sa carrière entourée par la littérature pour la jeunesse. Nous n'avions pas prévu une intervention extrêmement structurée ni précise, afin de permettre des échanges aussi spontanés que possible. Seuls trois axes étaient au programme : le métier d'écrivain et l'écriture romanesque, le roman Cuba, destination trésor, enfin des conseils et échanges autour des nouvelles que les élèves vont écrire (dans le cadre du projet Voyages en ville).

M. Rosell nous a d'abord évoqué avec précision et enthousiasme ses premières activités d'écriture vers l'âge de 11 ans, puis ses débuts d'écrivain et la réalité de ce métier. Son jeune public a pu se rendre compte que le métier d'écrivain ne se limite pas à l'écriture, mais comporte des aspects pratiques parfois compliqués, tels que la prise en compte des impératifs de l'édition... La classe a constaté qu'entre la plume de l'écrivain et les rayons des librairies, une œuvre traverse un parcours bien compliqué!

Les élèves ont pu avoir sous les yeux ses premiers essais romanesques, rédigés et illustrés sur un cahier d'écolier, en 1967. La lecture du texte en espagnol n'était guère accessible aux élèves, mais ils ont apprécié l'expressivité des illustrations colorées (de la main même de l’auteur alors un enfant).

Notre auteur a ensuite apporté des précisions sur les techniques d'écriture romanesque. Son public a pu comprendre que l'écriture d'un roman est un exercice de longue haleine, qui exige beaucoup de temps, de réflexion et de précision. Il a en effet expliqué que les faits essentiels d'un roman doivent y trouver leur justification, amorcée parfois bien avant leur conséquence sur l'intrigue. Il a expliqué que même lorsque les grandes lignes sont parfaitement établies et rédigées, il est fréquent de devoir modifier tel ou tel événement de façon à ce qu'il s'intègre plus naturellement dans l'intrigue. D'ailleurs, M. Rosell a exposé à son jeune public que la construction même de l'intrigue doit être minutieuse, comporter des rebondissements et des obstacles auxquels le lecteur puisse adhérer. Quant aux personnages, il leur a expliqué qu'ils doivent offrir un certain réalisme, et jouer un rôle qui s'articule précisément autour de peripeties de l'histoire, étant notamment aides ou opposants.

L'intérêt des explications de notre auteur est d'avoir pu les illustrés par son expérience confirmée et des exemples précis empruntés à son roman, que les élèves connaissent bien. Ainsi, les retouches et corrections apparaissent parfois tardivement dans la rédaction du roman, et permettent d'améliorer le naturel de l'intrigue, nous a-t-il expliqué.

M. Rosell a précisé aux élèves que les sources d'inspiration sont nombreuses et relativement variées. La découverte du trésor du roman rappelle une découverte qu'il a faite lui-même dans son enfance, tandis que des aspects du collège où se déroule une partie de l'intrigue reflètent celui qu'il a lui-même fréquenté adolescent. Notre écrivain a aussi souligné l'importance de la vraisemblance historique qui réclame une connaissance relativement précise des faits, exigeant que l'écrivain se documente. Il nous a bien expliqué comment l'écriture d'un roman est un processus riche et généralement imprévisible, qui peut progresser de manière variable au gré des recherches et trouvailles, et prendre parfois beaucoup de temps, quelque soit la longueur du texte.

Dans un troisième temps, M. Rosell a exposé avec beaucoup de clarté à la classe les éléments fondamentaux de la technique narrative. (en préparation du travail d'écriture dans le cadre du projet Voyages en ville).

Les élèves ont pu se rendre compte qu'un cadre global établi à l'avance est indispensable à la réussite de l'écriture et romanesque. On doit préalablement définir l'identité des personnages clés, le lieu, et le temps. À ce propos, il distingue l'époque à laquelle se déroulent les faits de la durée de l'intrigue. On réfléchit ensuite à un problème (ou complot) que vont rencontrer les personnages principaux. Cela rappellera bien sûr aux élèves l'élément perturbateur des contes, qui leur est familier.

Concernant les techniques narratives, M. Rosell a insisté sur les différents points de vue, c'est-à-dire qui est le narrateur (personnage ou extérieur), et a évoqué différents styles d'écriture : mystérieuse, humoristique, exprimant un fort sentiment. Pour illustrer son propos, il s'est livré à une amusante improvisation très concrète, témoignant d'un savoir-faire confirmé.

Dans les grandes lignes, l'écriture d'une nouvelle ou d'un roman doit comporter trois étapes : la présentation, le noyau, la fin, c'est-à-dire la chute, ou encore solution.

Notre écrivain a rappelé qu'il est bon de varier les types d'écriture, et d'alterner narration, description du dialogue.

Ainsi s'est terminée la séance, et j'ai bien l'impression, à voir l'attention des élèves et leurs réactions, qu'ils n'ont pas vu le temps passer. Encore une fois, nous pensons que les photos prises lors de cette intervention le montreront tout aussi bien que les mots !

Vincent Goguel

professeur de français

Collège Raoul Dufy. Le Havre


Rencontre avec Joël Franz Rosell, écrivain cubain

« Je n'écris pas pour me comprendre mais pour comprendre les autres »

Lors d'une signature dans une librairie parisienne il y a une dizaine d'années, j'ai rencontré avec une collègue professeur d'espagnol, l'écrivain cubain Joël Franz Rosell. Il se montre très soucieux de son public et du message qu'il fait passer et nous comprenons tout de suite l'intérêt que auraient nos élèves à rencontrer un tel écrivain.

Même s'il a gardé un accent chantant d'Amérique du Sud, il maîtrise parfaitement la langue française, au point de débattre à propos d'un mot employé par ses traducteurs!

Depuis 2001, Joël Franz Rosell rencontre les élèves avec des collègues de français et d'espagnol au CDI et ce de la 6ème au BTS..

Qui est Joël Franz Rosell?

Né en 1954 à Cuba, licencié en Langue et Littérature Hispaniques en 1979, il travaille d'abord comme animateur littéraire pour le Ministère de la Culture de Cuba et aussi comme enseignant, bibliothécaire et auteur de programmes pour la radio cubaine.

Après avoir beaucoup voyagé et résidé au Brésil, au Danemark, en Argentine, il s'installe à Paris et travaille comme journaliste à Radio France International et professeur à l'Université de Marne la Vallée. Depuis 2004 il se consacre entièrement à son travail d'écrivain, illustrateur et animateur littéraire.

Auteur aujourd'hui d'une vingtaine d'ouvrages pour la jeunesse, dont six ont été publiés en français, il a également illustré quatre livres et fait connaître plus d'une centaine d'articles et essais, la plus part sur le livre pour la jeunesse et les échanges culturels.



Rencontre avec les élèves

De la 6ème au BTS, il rencontre régulièrement ses lecteurs en classe de français ou d'espagnol. La préparation de la rencontre s'organise entre documentalistes et professeurs de la discipline avec une présentation de ses différents livres, un travail à partir d'un thème (qu'est ce qu'écrire? Cuba, hier et aujourd'hui? Esclavage et métissage... Quelle place pour la réalité et l'imaginaire dans l'oeuvre littéraire?...). Après avoir lu un ou plusieurs de ses ouvrages, les élèves sont tous surpris qu'un auteur soit « vivant et ne figure pas dans le dictionnaire » (en fait Joel Franz Rosell figure dans plusieurs dictionnaires d'auteurs espagnols et latino-américains mais ça ses jeunes lecteurs français ne le savent pas!).


Les questions sont variées:

- Pourquoi écrivez vous et depuis quand ?

« J'écris depuis presque toujours. D'abord dans ma tête, parce au Cuba du début des années 60 rares étaient les livres pour la jeunesse et je imaginais les livres que je ne pouvais pas trouver. Plus tard, j'ai écrit en dessinant: je rendais plus amusant le cahier de Math grâce aux aventures de « Super Poitrine », un super-héros calqué sur Superman qui avait par archi ennemi un... professeur de mathématique en style savant fou. J'ai commencé à écrire pour de bon à 12 ans: des petits romans qui ressemblaient aux histoires que j'avais découvert dans la bibliothèque municipale: Tintin, Club de cinq, Fifi Brin d'acier... »

Un jour il se fait voler en classe de sport un livre de Jules Verne qu'il avait emprunté et il n'ose pas l'avouer aux bibliothécaires. A cette époque, il écrit plus qu'il ne lit car il a un public... peu nombreux mais exigeant: un frère, une sœur et des amis qui lui demandent des nouvelles des héros qu'il a créé: des aventuriers cubains, français ou ressortissants des « pays frères » la Roumanie communiste, l'Allemagne de l'Est... A travers ces petits romans maladroits Joel Franz Rosell parcourt le monde... et plus si affinité: en effet, à l'instar de son modèle Tintin, il expédie l'un de ses héros à l'espace. La Lune est déjà prise? Qu'à cela ne tienne: il envoie son Trentin, son chien Siré, son capitaine Bischop et son professeur fantasque à la planète Mars!

A 19 ans, Rosell rejoint l'atelier littéraire de l'Université Central et se résout à devenir un vrai écrivain. Il détruit les 54 romans de ses débuts (ne préservant que quelques manuscrits qui enchantent les enfants et adultes qui le rencontrent dans écoles et autre salons du livre). Il décide de n'écrire que ce qu'il connaît bien et s'acharne a peaufiner son style. Mais il n'abandonne pour autant le jeune publique... Pour ne pas perdre totalement l'enfance?

« Comme tout écrivain, j'écris d'abord pour moi-même: pour lire tout ce que je ne pourrai jamais vivre, pour aller là où je ne pourrai jamais me rendre, pour connaître des gens que je ne rencontrerai jamais... J'avais 4 ans lorsque mes parents ont décidé de réinstaller la famille dans une autre ville. Pendant le déménagement mon frère et moi avons perdu la collection de comics que nous commencions à peine à déchiffrer. Les comics américains étant interdits par le nouveau régime communiste, la perte était irrémédiable. Je crois que c'est alors que j'ai décidé de devenir écrivain: pour que plus jamais on puisse me priver d'histoires!».

- Pourquoi écrivez vous sur Cuba?

« A Cuba, dans les années 70, le régime communiste voulait que les écrivains se mettent au service de la Révolution. On devait refléter le monde de l'ouvrier, prêcher le nouveau modèle socioéconomique. Mais je n'arrivait même pas à refléter le monde des enfants cubains! Je commençait le récit réaliste que l'on attendait de moi... et ça ne tardait pas à devenir une histoire de mystère, de magie ou d'aventure.

En fait, tant que j'y ai vécu, je n'ai jamais réussi à écrire sur Cuba. Le primer livre que j'ai publié était un polar qui s'insérait dans des faits d'actualité, mais mon histoire se déroulait dans une ville qui n'existe pas à Cuba. J'ai gommé tout ce qui me déplaisait dans la réalité cubaine de l'époque et les critiques m'ont reproché mon manque de vraisemblance. Dans mon deuxième livre il était question du temps avant les hommes et à peine quelques animaux et plantes évoquaient vaguement le cadre cubain... Par contre, dès que j'ai quitté Cuba, j'ai eu le besoin de faire venir à moi le terroir perdu.»

C'est en arrivant au Brésil que Joel Franz Rosell écrit Cuba, destination trésor, un roman qu'il va retravailler pendant dix ans, cherchant à fixer la changeante réalité du Cuba d'après la chute du Mur. Le roman, publié en langue française en 2000 (deux ans avant la première édition en espagnol), réussi à rendre accessible aux enfants d'autres pays les singularités politiques, sociales et économiques de cette île hors norme. L'année suivante il fait paraître Malicia Horribla Pouah, la pire des sorcières. Ce titre drolatique cache un portrait amusé de la capitale cubaine, même si ce n'est pas le but du livre.

« Ce n'est pas que la réalité ne m'intéresse pas, mais je crois pouvoir mieux saisir la vérité profonde des choses avec une distance « technique »: le fantastique, l'aventure, la parodie. »



C'est pourquoi des nombreux livres de Joel Franz Rosell n'ont pas Cuba pour cadre. C'est le cas du premier à être traduit en France (Les aventuriers du cerf-volant se déroule dans un monde imaginaire dont les souverains, pourtant, font penser à un certain Fidel Castro...). C'est plus vrai encore pour son album L'Oiseau-lire, une très belle fable sur la lecture, sur le besoin de tout auteur de rencontrer ses lecteurs, sur la lutte de chacun, les livres aussi, d'accomplir leur rêve.

Ce genre, le conte philosophique, abonde dans des ouvrages pas encore traduits comme Pájaros en la cabeza ou Los cuentos del mago y el mago del cuento, qui font les délices des élèves d'espagnol. Ces textes se prêtent très bien pour les étudiants de langue étrangère car il sont brefs et possèdent la simplicité de contes pour enfants... avec un fond bien sérieux, qui fait réfléchir aussi bien le jeune que l'adulte.



- Écrivez-vous sur les pays que vous visitez?

« Comme je disais auparavant, je crains ne pas voir l'essentiel de la réalité. C'est peut-être la faute de mon imagination qui envahie tout... Pourtant, je suis très ouverts aux autres cultures, à l'Histoire, aux problèmes des pays que je visite... et encore plus lorsque j'y reste un peu.

J'ai vécu longtemps en France et pas mal au Danemark, en Argentine, en Espagne. Ces pays ont nourri ma sensibilité, mon expérience vitale, ma culture. Comment pourraient-ils être absents du fond et de la forme de mes écrits?

Je donnerai un exemple assez claire: la première version de La chanson du château de sable je l'ai écrit en 1988, peu avant quitter Cuba. Je l'ai publié au Brésil et Espagne sans y changer grande chose. Mais pour la version 2007, j'ai procédé à une modification très importante: pas au niveau du texte, qui n'a connu que les changement qui découlaient de la langue française, puisque je l'ai traduit moi-même. C'est par les illustrations que j'ai donné une nouvelle signification au récit: J'ai dessiné une plage tropicale et mes héros sont devenus un homme noir et son fils métis (la mère n'apparaît pas dans l'histoire, mais elle y est représentée par la princesse Coquillage, qui a des traits européens). Je cherchais de cette façon à m'approcher des enfants de la Caraïbe que j'allais avoir comme premiers lecteurs (le livre a été édité en Guyane par le plus grand éditeur de la région). Au même temps, je retrouvais ainsi les qui m'entouraient dans la plage de Santiago de Cuba (la région la plus métissée de mon pays) où j'ai imaginé l'histoire en 1983.

Au même temps, c'est mon expérience française et même celle de mon quartier multi-ethnique du nord de Paris ce que m'a fait remarquer que la plus part des albums français ayant pour héros des enfants « de couleur » tendent à abordent des sujets « spécifiques »: la question raciale, la nature exotique, la pauvreté, la famille nombreuse, le village et son conteur attitré... Dans ces albums on trouve rarement des sujets qui sont communes aux enfants de toute la planète: être jaloux d'un petit frère ou pas gentil avec sa petite sœur, avoir peur de l'obscurité, faire pipi au lit... La chanson du château de sable ne raconte rien qui ressemble à tout cela: j'y parle d'un enfant qui ne comprend pas pourquoi ses châteaux de sable ne restent pas sur la plage et de ce que son père que lui répond.

Et je ne me suis point inspiré de fable, légende ou conte de tradition orale quelconque! J'ai tout simplement voulu ouvrir mes lecteurs du Nord à une autre vision des enfants du Sud, et inviter mes lecteurs du Sud à avoir une autre vision d'eux mêmes.



-Faites vous un brouillon? Écrivez-vous sur l'ordinateur? Combien de temps met-on à écrire un livre? Gagne-t-on beaucoup d'argent?



« Chaque écrivain à sa façon personnelle de travailler et même chaque livre exige une façon spécifique d'être écrit. Je ne fais de brouillons que pour les illustrations (que je fais à la main: crayon suivi de feutre fin pour les lignes, puis gouache ou acrylique pour la couleur). Par contre, je corrige ENORMEMENT mes textes. Je corrige même les livres déjà publiés, que je relis de temps en temps. Ce n'est pas que j'aime particulièrement me relire et encore moins que j'aie du temps à perdre; cela sert à éviter de commettre les mêmes erreurs dans des livres à venir, à améliorer le livre au cas où (c'est très rare) son éditeur en voudrait introduire ces améliorations dans une deuxième édition. Ça m'a d'ailleurs servi pour des nouvelles versions dans la même langue ou pour préparer des traductions. Je prends aussi plein de notes: ma tête travaille tout le temps et pendant très longtemps (parfois dix ans, comme pour Cuba, destination trésor, ou dix-huit ans comme pour La légende de taïta Osongo ou L'Oiseau-lire!). Je fais mûrir les projets les plus variés dans ma tête: des contes, des romans réalistes ou fantastiques, des articles, des bandes dessinées...

J'ai commencé à écrire au crayon sur des cahier scolaires, puis je suis passé au stylo-bille (plus rapide). Lorsque j'ai commencé à vouloir publier mon travail, je recopiais mes manuscrits, une fois finis, à la machine. Jusqu'en 1988 j'ai utilisé des machines mécaniques d'époques et qualité diverses (la première était une Underwood aussi imposante qu'un petit piano!). Puis j'ai eu des belles machines électroniques et, enfin, mon premier ordinateur. Le premier livre que j'ai entièrement écrit à l'ordinateur c'est Les aventuriers du cerf-volant. C'est pourquoi ce livre marque, en 1993, le début d'une nouvelle étape de ma carrière littéraire: avec l'ordinateur, mes doigts écrivaient enfin presque aussi vite que ma tête et cela m'a donné la liberté créatrice dont j'avais tellement rêvé. »

Mais il y a eu autre chose, et cela a beaucoup à voir avec l'ouverture culturelle: Joel Franz Rosell habitait alors au Danemark et raconte qu'il essayait d'apprendre le danois au même temps qu'il se servait de l'anglais dans la vie quotidienne. En plus, lui et son épouse venaient de prendre la décision d'abandonner le portugais, qu'ils utilisaient depuis leur rencontre trois ans plus tôt, mais que n'était ni la langue de l'un ni de l'autre, pour le français.

« Dans ce melting-pot linguistique, l'espagnol n'était presque que ma langue d'écriture et j'ai commencé à la regarder comme quelque chose d'extérieur et pourtant propre. Le fait de vivre entouré d'autres cultures et plongé dans d'autres langues m'a permit de me réapproprier ma langue maternelle: j'ai appris à connaître sa véritable mécanique, à jouer avec elle, à la réinventer.

Cela a révolutionné son mode d'écriture, sans pour autant rendre celui-ci plus « rentable »...

« Un écrivant n'est jamais payé pour le travaille qu'il fait, mais reçoit à peine un tout petit pourcentage de l'exploitation commerciale qui fait du produit de son travail cette indispensable intermédiaire culturel-marchand qu'est l'éditeur. Je veux dire par là que, par exemple, le salaire d'un conducteur de bus est calculé sur le service qu'il rend pendant chaque heure au volant, tandis que l'écrivant, lui, n'a pas de salaire et peu importe le temps inverti dans la fabrication de son ouvrage ou la qualité finale de celui-ci. Il travaille sans avoir la moindre idée du résultat et du temps à la tâche et seulement une fois achevée celle-la, il doit trouver l'éditeur qui multipliera le manuscrit dans un certain nombre d'exemplaires et lui donnera, seulement bien de mois après les avoir vendu (s'il en vend) 4, 6 ou très exceptionnellement 10% du prix de vente. Bref, comme il y a des dizaines de milliers de nouveaux titres et des millions d'exemplaires chaque année, et comme les lecteurs ont maintenant beaucoup d'autres moyens de s'instruire et divertir (avec plein de ravissants petits appareils électroniques), rares sont les écrivains qui gagnent beaucoup d'argent. Un écrivain que vous n'aurez jamais vu à la télé, est certainement un écrivain qui gagne peu d'argent. Et des écrivains à la télé, vous en avez vu souvent, vous?

-Alors... pourquoi écrivez-vous (et oui, à ce moment de la rencontre, les élèves reposent cette question)...?

« Je n'écris pas pour en vivre, je vis pour écrire. Je ne veux pas dire que si je n'écrivais pas je n'aurais aucune raison de vivre (cela sonne trop solennel et ce n'est pas très original), mais j'avoue ne pas pouvoir imaginer ma vie sans la littérature.

Écrire me permets comprendre le monde et c'est aussi ma façon d'agir. Je ne prétends pas changer le monde avec mes livres... Mais les lecteurs changent pendant qu'ils lisent, et c'est tellement merveilleux d'être quelqu'un d'autre, de n'être pendant un certain temps soi-même...! Ne vaut-t-il pas cela quelques sacrifices, y compris celui de ne pas être très riche?

Écrire c'est comme lire, mais en mieux (je ne sais pas qui a prononcé cette phrase magnifique).

Je n'écris pas pour me comprendre, mais pour comprendre les autres... en prenant un peu leur place lorsque j'écris leur histoire, par exemple. Mais il m'est aussi arrivé de mieux me connaître grâce à l'écriture d'un livre...

On savait bien que Joel Franz Rosell ne manquerait pas d'évoquer La légende de Taïta Osongo. C'est son meilleure livre. Pas seulement parce qu'il est superbement écrit, mais parce qu'il lui a permit de plonger dans ses origines afro-cubaines, que sont aussi ceux du peuple cubain.

« J'allais avoir 29 ans et j'étais encore un gamin. Parce que je ne savais pas qui j'étais, parce que je ne connaissais pas ma famille et parce que j'ignorais l'essence profonde de mon pays. Je venais de me marier et ma première femme habitais à Santiago de Cuba. A différence de la moitié ouest de mon île, la partie que seule je connaissais, à l'Ouest les noirs et les métis sont majoritaires et l'on comprend que Cuba appartient au même monde que Haïti, la Guadeloupe ou la Martinique. Cette réalité m'a inspiré l'histoire d'un amour impossible entre une fille blanche, riche et un garçon noire, esclave. J'écrivais, sans me rendre compte, une histoire très proche de celle de ma grande-mère: une métisse que n'a pas épousé le père de ses enfants. En écrivant La légende de Taïta Osongo j'ai déterré l'histoire de ma famille, mais j'ai aussi j'ai assumé que moi-même je suis un « sang-mêlé » et j'ai résumé l'histoire de Cuba: un pays qui se voit blanc et qui n'a pas entièrement libéré la partie noire de son être.

J'ai écris cette histoire en 1983 et j'ai même eu un prix qu'aurait dû me permettre sa publication immédiate. Mais je n'étais pas satisfait du résultat: j'avais puisé dans le passé de ma famille, de mon pays et dans mes propres contradictions, j'avais utilisé des éléments de la plus vieille culture cubaine, de la littérature contemporaine et même la structure d'un très vieux conte russe! L'amalgame n'était pas parfaite, et plus je me rendais compte de l'importance du sujet, plus je me disait qu'il devait revêtir une forme littéraire soignée.

J'ai mis 18 ans à trouver cette forme et c'est alors seulement que j'ai publié le livre. C'était en Guyane, en 2004. Une première édition en espagnol a vu la lumière au Mexique en 2006, mais ce n'est que l'année prochain que mes compatriotes auront le droit à leur propre édition.

Quand je dis que Cuba a du mal à se reconnaître métisse et héritière d'une société esclavagiste... »



Les objectifs pédagogiques :

- lire d'une ou plusieurs œuvres intégrales

- favoriser les échanges d'idées et s'écouter

- argumenter pour mieux se comprendre

- motiver les élèves, susciter le goût de lire et écrire

- familiariser l'élève avec l'univers de l'écrivain (son œuvre, sa culture d'origine, les temps et lieux de sa vie: Cuba, années 60, 70, 80; Brésil, Danemark années 90, la Caraïbe au temps de l'esclavage; Cuba après la chute du Mur: de 1993 à nos jours).

- réaliser qu'une œuvre est le fruit d'une réflexion, d'une ouverture au monde, d'une sensibilité, d'un travaille d'écriture intense, prolongé et autocritique, ainsi que des nombreuses lectures.

Projets de l'écrivain avec les enseignants-documentaliste et professeurs de discipline

Nous retravaillons avec lui ses interventions auprès des élèves et en nous fondant sur des projets qu'il avait déjà développé avec plusieurs établissements (y compris à l'étranger), et sur des formations qu'il a menée en 2009 et en 2010 avec des enseignants de langues à l'IUFM de Rouen.

Mise en place d'ateliers d'écriture en classe d'espagnol

Joël Franz Rosell proposa pour la première fois des ateliers d'écriture au lycée français de Buenos-Aires en Argentine, en 2001. Cette expérience permit à des élèves de CM2 et de 6ème bilingues (Français/Espagnol) d'écrire dans la langue qu'ils apprenaient et d'être initiés, grâce au travail proposé par l'écrivain, au travail d'écriture : choix de l'histoire, des personnages, construction des la narration et les dialogues. Il a mené des expériences semblables, en espagnol ou en français aux lycées français de Munich, Bilbao et Danemark.

Inscrits dans un projet de 4 séances, ces ateliers effectués en collaboration avec l'enseignant documentaliste et l'enseignant de discipline suscitent l'investissement des élèves et contribuent à diversifier les pratiques pédagogiques.

Utilisation de livres pour la jeunesse dans l'apprentissage d'une langue étrangère

Afin de compléter l'étude de textes et extraits d'œuvres proposés dans les manuels scolaires, Joël Franz Rosell nous propose de faire aussi travailler les élèves un peu plus longue et profondement sur des œuvres complètes courtes et adaptées au niveau de la classe. La littérature jeunesse permet d'exploiter des livres « qui n'ont pas d'âge » avec des activités variées et créatives pour des élèves qui peuvent réemployer les structures usuelles de l'œuvre, « écrire à la manière de... », compléter ou modifier des textes, travailler les champs linguistiques...



Avec ce travail complet sur l'étude d'une œuvre intégrale, proposée deux à trois fois dans l'année, l'élève accède au plaisir de lire un ouvrage littéraire entier, et se voit stimulé du fait de vérifier qu'il est capable de la faire dans la langue qu'il est en train d'apprendre; il exerce des compétences critiques par rapport à la littérature pour la jeunesse, et les thèmes abordés dans leurs lectures suscitent chez les élèves une curiosité, une envie d'aller plus loin grâce à des débats qui peuvent se développer en interaction avec des enseignants de plusieurs disciplines.

Contacts :

Joël Franz Rosell adhèrent à la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse :

www.la-charte.fr/

Un projet peut être monté avec la Maison des écrivains, de laquelle Rosell est également adhérent :

http://www.m-e-l.fe/

Vous pouvez aussi le joindre directement :

1 rue de l'Encheval

75019 PARIS

06 62 47 18 60

ajfrosell@yahoo.fr

bibliographie sélective:



- L'Oiseau-lire. - Belin. Paris, novembre 2009

-La Légende de Taïta Osongo - Ibis Rouge. Cayenne, 2004

-Cuba destination trésor - Hachette jeunesse. Paris, 2003

- Les Aventuriers du cerf-volant. - Hachette jeunesse. Paris, 1998

- Malicia Horribla Pouah, la pire des sorcières. - Hachette jeunesse. Paris, 2001

- Los cuentos del mago y el mago del cuento. - Ediciones de la Torre. Madrid, 1995

- Vuela, Ertico, Vuela, Ediciones SM. Madrid, 1997



Pour les plus jeunes:

- La Chanson du château de sable. - Ibis Rouge. Cayenne, 2007

- El pájaro libro. - Ediciones SM. Madrid, 2002

- Javi y los leones. - Edelvives. Zaragoza, 2003

-Pájaros en la cabeza. -Kalandraka. Pontevedra, 2004

-Don Agapito el apenado. -Kalandraka. Pontevedra, 2008



Pour les adultes :

- La Literatura infantil. Un oficio de centauros y sirenas. - Lugar Editorial, Buenos Aires, 2001

Les histoires écrites par Joël Franz Rosell se situent souvent entre la fable et la légende. Il mélange le réel et le fantastique, utilisant des jeux de mots, l'ironie, le langage poétique qui permet au lecteur de lire entre les lignes. Il « dit des choses qui vont plus loin que ce qu'il paraît »... Certains de ses livres sont plus réalistes et permettent connaître la réalité cubaine contemporaine, l'époque de l'esclavage dans la Caraïbe; abordant des problématiques diverses telles que la rencontre avec la différence, le racisme, l'écologie, la solitude, l'autoritarisme...

La rencontre avec l'auteur permet une véritable ouverture culturelle : « La littérature jeunesse doit être le reflet du monde dans lequel vit le jeune...et en même temps lui donner la possibilité de connaître d'autres mondes »

Originaire d'une culture d'Amérique Latine et grand connaisseur de l'ensemble de l'Amérique Latine, Joël Franz Rosell a aussi longuement vécu en Europe (France, Danemark, Espagne, Allemagne), il est aussi un spécialiste reconnu de la littérature pour la jeunesse en langue espagnole. Il nous permet d'en être les passeurs et médiateurs en nous appuyant sur ses livres.

Anne-Marie Latapie

Isabelle Devatine

professeures-documentaliste

Groupe scolaire Saint-Charles

Athis-Mons (91)




dessin de l'auteur

Nous avons tous une part d'ombre

Nous avons tous une part d'ombre

incompris!

incompris!