Site de JOEL FRANZ ROSELL, auteur et illustrateur cubain



LE SITE DE JOEL FRANZ ROSELL, AUTEUR ET ILLUSTRATEUR CUBAIN


Plus qu'un véritable blog, ceci est un site personnel autour du livre pour la jeunesse à Cuba, en France et ailleurs (là où j'habite, lá où je me trouve, là où sont mes livres et mes lecteurs). Tenu dans l'urgence par un Cubain qui n'a pas appris le français très tôt ni à l'école, il peut se trouver ici et là des maladresses de style voire plus si fatalité... Soyez indulgents et signalez-moi l'erreur: ils sera exterminé sur-le-champ.

Petit Chat Noir a peur du soir. Bayard, 2010

Petit Chat Noir a peur du soir. Bayard, 2010

série Petit Chat

série Petit Chat
Petit Chat et le ballon, Petit Chat et les vacances, Petit Chat et la neige. Hongfei, 2016

Le jour où Fidel Castro me cacha la Lune



Il y a 44 ans, le 21 juillet 1969, l’Homme se posa pour la première fois sur la Lune. Evènement colossal pour la science, même si derrière se cachait une lutte pour la domination technologique dans le cadre de la Guerre Froide, car une fusée spatiale est toujours un engin balistique... C’est seulement le dernier aspect qui comptait pour les autorités de mon pays, Cuba alors plus inféodé que jamais à l’Union Soviétique. 

Si l’on célébrait alors le moindre succès de la conquête soviétique de l’espace, on cachait chaque réussite américaine et on ricanait bruyamment sur chacun de leurs échecs (ils furent aussi nombreux que ceux des soviets… sauf que ces derniers étaient soigneusement cachés par Moscou). 

Comme la plus part des Cubains, je n’ai pas eu droit aux images de télé qui ont montré le « petit pas d’Armstrong » qui permettait à l’Humanité le grand pas jusqu’à la Lune cet historique 21 juillet 1969. La télévision cubaine a oculté le grand évènement, et si la presse écrite en a fait  part, dans un tout petit encart, je ne m’en suis pas aperçu. Pourtant, à mes 13 ans je ne rêvais que d’espace ! 

J’avais suivi le voyage de l’Apollo 11 dès le décollage, mais seulement à travers les ondes (courtes) de La Voix de l’Amérique, que la vieille radio familiale captait depuis le fond de la cuisine… car ces émissions anti-communiste étaeint plus qu’interdit par le régime Castriste, qui faisait tout, bien entendu, pour les brouiller. Mais on avait tendu une antenne artisanale entre les branches d’un manguier, pas pour suivre les débilités qui débitait cette radio sur le plan politique, mais pour entendre la voix du monde : la musique de Beatles, par exemple, ou les nouvelles sur la conquête lunaire.

dessin publié par Hergé à l'occasion de l’alunissage de l'Apollo 11

En fait, j’avais déjà « mis le pied » sur la Lune en compagnie de Tintin, grâce aux exemplaires du double album d’Hergé « Objectif Lune » et « On a marchait sur la Lune » que l’on trouvait encore à la bibliothèque départementale (bientôt la collection serait, si non interdite, en tout cas retirée au coin le plus discret de la salle). J’avais même consacré deux des petits romans d’aventures que j’ai pondu entre mes 12 et mes 18 ans, à la conquête spatiale : le premier, écrit avant l’exploit de l’Apollo 11, s’intitulait « Buscando la Luna (Cherchant la Lune) » et le deuxième se passait même dans la planète Mars. Si le premier ouvrage était fortement inspiré des albums d’Hergé ; le deuxième était sans doute nourri par « Chroniques martiennes » de Ray Bradbury, livre qui me bouleversa à l’époque… Mon héros s’appelait Javier, mais il était français, et lui et ses compagnons volèrent dans une fusée mise au point par le (pas si improbable) Centre Français de Recherche Spatiale, c’est-à-dire le CFRS  (presque CNRS !) que j’avais installé au cœur des Pyrénées !

L'Archipel Fantastique: un très beau atelier d'écriture franco-cubain


« L’Archipel Fantastique » est le résultat des ateliers d’écriture que j’ai eu le privilège de conduire dans 9 classes des écoles primaires qui ont répondu à l’appel de l’Association Bib’Gang au début de cette année scolaire.


Pour la saison 2012-2013, le projet « Embarquez avec Bib’Gang » a choisi « América Latina » comme destination et thème central. C’est pourquoi il m’a été proposé de coordonner des ateliers d’écriture dans des écoles primaires de Blainville-sur-Odon, Cormelles-le-Royal, Dives-sur-Mer  et Tourville-sur-Odon dans le Calvados.


J’ai été choisi en ma condition d’écrivain et illustrateur d’origine cubaine. Auteur d’une vingtaine de livres pour la jeunesse dont sept ont été publiés en France, je possède une bonne expérience en matière d’animation littéraire. Ceci était très important car l’un des objectifs premiers de l’Association Bib’Gang était d’intégrer les enfants, d’une façon active, au projet.


 
 

Imaginer une île

De la première rencontre, j’ai proposé aux enfants d’imaginer une île faite de bric (du réel) et de broc (de l’imaginaire). Une île fait toujours rêver. C’est un microcosme propice aux spéculations sur l’individu, la société, les rapports entre Homme et Nature.

Les îles sont nombreuses en Amérique Latine et je suis né dans la plus vaste entre elles : la République de Cuba est en fait un archipel, intégré par la grande île de Cuba (plus de 100 000 km²), l’Ile de la Jeunesse (2394 km²) et environ 1600 îlots de taille diverse, le tout appartenant au vaste archipel des Antilles.  

Cuba a été très présente dans le projet. Les enfants avaient lu mon livre Cuba, destination trésor et s’étaient informés sur mon pays d’origine 

Lorsque Bib’Gang m’a exprimé son souhait d’établir un lien visible entre les histoires que les différentes classes allaient produire, l’idée de l’archipel s’est tout de suite imposée à moi. Ce n’était pas la première fois que j’utilisais des îles comme support pour des ateliers d’écriture ou d’illustration, mais c’était la première fois que je pilotais l’invention de tout un archipel !

Technique de construction


En début d’atelier j’ai dialogué avec les enfants, leur expliquant comment l’on construit des histoires avec ces briques » et « mortier » virtuels que sont les personnages, la trame, le lieu, le temps, les formes du discours (description, narration, dialogue), le style (poétique, humoristique, épique). Puis je les ai invité à imaginer leur île à partir de variantes telles que la forme –carré, triangle, en forme de cœur ou encore de trompette-, la composition –en chocolat, en glace, en béton et en flammes-, la position –flottant hors de l’eau ou carrément dans les airs, dérivant sans attache- et bien d’autres possibilités : île volcan, île sans plages, île dans l’île…


Les enfants se sont très bien prêtés au jeu…Ce jeu si sérieux et stimulant qu’est toujours l’écriture. A côté des éléments fantaisistes dont ils ont doté leurs îles, on découvre aussi des problématiques qui ne sont pas si éloignées de celles de notre monde : dictature, catastrophes naturelles, bêtise des puissants, défis écologiques, amour, courage…

Chaque classe choisit son île
 
                                                                                                       les enfants au travail


 J’ai proposé à chaque classe d’imaginer son île et chaque fois les idées ont fusé. Mon rôle était de mettre à profit des enfants mon métier d’auteur et mon expérience de coordinateur d’ateliers d’écriture, et de veiller à mieux choisir entre le trop plein d’imagination si fréquent chez les plus jeunes, afin de garantir le fil de l’histoire développé par chaque classe et la cohérence de l’ensemble qui, petit à petit, commençait à se dessiner.

J’ai approuvé ou écarté les idées moins exploitables ou trop proches de celles que l’on avait développées ailleurs, mais dans un cas seulement j’ai imposé le type d’île et le noyau de son histoire: la dernière île devait être une terre voyageuse qui rendrait visite à toutes les autres îles pour en prélever chaque fois un élément… et ainsi la boucle serait bouclée. La classe concernée s’est acquitté avec brio de sa tâche. Ils en étaient même fiers !


Le plaisir du défi bien accompli

Pour le travail d’écriture collective, tout comme pour mon travail solitaire d’écrivain,  je ne perçois pas les contraintes comme des limites imposées. Ce sont des défis qui stimulent la créativité, qui permettent d’explorer les chemins toujours multiples qui s’offrent à la création. Les enfants ont très bien répondu au défi et cela explique que chaque récit garde sa spécificité stylistique car il reflète la personnalité de chaque classe.

 

                                                              l’un des enfants participants fait son analyse du travail…

L’expérience a été excitante: j’en sors rajeuni, enrichi en imaginaire, revigoré pour de nouvelles aventures littéraires. Je remercie Bib’Gang pour m’avoir donné cet occasion, mais aussi pour son organisation impeccable, pour la passion et la gentillesse.

Finalement, je crois que nous avons de quoi être fiers (nous tous : bibliothécaires, enseignants, enfants, écrivain). Grâce à nous, aujourd’hui le Calvados possède son propre archipel: l’Archipel Fantastique !



                                          Joel Franz ROSELL

Paroles prononcées dans la salle de fêtes de Blanville-sur-One, le 14 juin 2013

 

 

Présentation des travaux imprimés dans la fête de clôture du projet Embarquez avec Bib’Gang : América Latina, le 14 juin 2013. Les deux centaines d’enfants qui avaient participé au projet eurent enfin l’occasion de connaître la partie immergée de l’Archipel : les histoires écrites par les autres classes !

 
 
 
 
Le début de 'L'île Volcan ou l'île des Tropicaux" lue par leurs jeunes auteurs

 
 

les histoires ont été reliées à la mode artisanal des Cartoneros (encore un clin d’œil à l’Amérique Latine)
  
Table de matières

Ile 1 : L’île des Cœuriens
Ile 2 : L’île Béton et Flammes
Ile 3 : L’île Volcan ou l’île des Tropicaux
Ile 4 : L’île Nuage
Ile 5 : Et l’île en T devint l’île en P…
Ile 6 : L’île du Son
Ile 7 : L’île triangulaire tournante
Ile 8 : L’île Chocolatée
Ile 9 : L’île voyageuse

 Quelques histoires  choisies au hasard:


 « L’île des Cœuriens »  
 





I. Les coeuriens 


Il était une fois une île en forme de cœur. Au centre de cette île trônait un volcan et de son cratère sortait une colonne de vapeur. La vapeur s’ouvrait comme un parasol qui protégeait l’île des rayons du soleil. Les maisons, les poissons, les papillons, les nuages, les fruits, les arbres, les fleurs, les gouttes d'eau même les flocons de neige, tout était en forme de cœur, bref tout ce qui vivait et même tout ce qui ne vivait pas avait une forme de cœur. Même les habitants, les Cœuriens avaient la tête en forme de cœur.

 
Tous se ressemblaient, mais comme ils n'avaient pas de tête, car leur cœur étaient à la place de leur tête, ils n'avaient pas de mémoire, pas de sentiments et pas d'enfants.

Un jour, le volcan s'éteignit, les gros nuages qui flottaient en permanence au-dessus de l'île disparurent. Le très fort soleil des tropiques frappa alors le cœur sans défense des Coeuriens et ils avaient vraiment trop chaud au cœur. Le roi des Cœuriens décida alors de réagir, il réunit tous les Cœuriens:

 « Mes chers cœurpatriotes, nous avons un gros soucœur. Il fait trop chaud, nos cœurs rétrécissent. Bientôt, nous les perdrons. Nous devons réagir !

-Oh, quel malcœur ! dit en choeur le peuple des Cœuriens.

-Une seule personne peut nous aider ! s'exclama le roi. C'est le Grand Sage que l'on appelle aussi Grand Cœur. Il habite dans le seul et unique volcan de notre île. »

II. Jolie Cœur et Petit Coeur

Après une longue discussion qui a duré toute la nuit, ils firent un tirage au sort. Ce sont Jolie Cœur et Petit Cœur qui iront voir Grand Cœur. Ils prirent de l'eau et de la nourriture et partirent à travers la jungle. Il y avait tellement de végétation qu'ils ne voyaient même plus où ils marchaient, ils durent couper les lianes et les branches avec une machette. Au bout de deux heures de marche, ils arrivèrent dans une clairière et Petit Coeur tomba dans des sables mouvants :

« Au secours Jolie Cœur je m'enfonce, vite va chercher une liane !

- Oui j'y vais ! »

Jolie Cœur alla chercher une liane et arriva juste à temps pour la lancer à Petit Cœur qui n'avait plus que son cœur et ses bras qui sortaient des sables mouvants. Après de gros efforts Petit Cœur réussit à sortir de là.

« Ouf j'ai eu chaud, dit Petit Cœur.

- Oui, moi aussi répondit Jolie Cœur, il faut faire plus attention, cette jungle est vraiment dangereuse, soyons prudents ! »

Ils continuèrent à travers la jungle et ils rencontrèrent des chutes d'eau. Il n'y avait pas de chemin rien pour descendre, rien d'autre que de l'eau.

« Il n'y a plus qu'une seule solution, dit Petit Cœur, nous devons sauter.

- Tu as raison, on est obligé. Allez courage !!! Prends ta respiration et sautons ! 

- Aaaaaaaahhhhhhhh ! crièrent Petit Cœur et Jolie Cœur en sautant. »

Il y eut un grand PLOUF, ils plongèrent profondément dans l'eau et pendant qu'ils nageaient pour rejoindre la surface, ils virent des piranhas avec d'énormes dents.

«  Il faut se dépêcher,

- Nage plus vite ! »

Ils réussirent à monter sur un rocher au bord de la rivière et remontèrent sur la berge. Et là ils virent qu'ils étaient arrivés au pied du volcan. Ils cherchèrent l'entrée.

«  Il n'y a rien par ici, je ne vois pas d'entrée, dit Petit Cœur.

- Moi non plus ! répondit Jolie Cœur. »

A ce moment précis, une sicœurène sortit le cœur de l’eau et leur dit :

«  Pour le volcan, c'est là haut. »

Ils grimpèrent et pénétrèrent enfin dans la cheminée secondaire, ils virent un trou avec un rideau de lave. Ils le touchèrent avec leurs mains mais ils se brûlèrent. A bout de force ils appelèrent au secours.

« A l'aide ! crièrent-ils en cœur. »

Et là, la lave s'arrêta de couler et Grand Cœur apparut.

III. De nouvelles têtes

 Les deux Cœuriens se trouvaient donc devant Grand Cœur. Il était grand, assez beau, il avait une longue barbe et surtout, il avait une tête ronde avec des poils dessus et entre les yeux un truc pointu avec deux petits trous en bas. Ils apprirent plus tard, que cela s’appelait un nez et que les poils qui sortaient au-dessus de sa tête s’appelaient des cheveux, et ceux qui sortaient en-dessous s’appelaient barbe. Petit Cœur dit :

«  Il est bizarre mais il est beau ! »

Ils étaient très étonnés.

«  Bonjour et bienvenus dans mon domaine. Que puis-je pour vous ?

- Nous avons un problème : depuis une semaine le volcan s'est éteint, il n'y a plus de fumée et le soleil nous tape sur le cœur, tout le monde fond. On ne sait plus quoi faire ! Notre tête va disparaître. Regardez, notre cœur rentre dans notre corps, oh que ça fait mal !

- On va mourir, dit Petit Cœur !

- Mais non dit Grand Coeur, C'est moi qui ai éteint votre volcan, parce qu'il n'y a pas d'amour entre les Coeuriens. En effet, vos cœurs ne sont pas à la bonne place, ils devraient être dans votre poitrine. Si ça continuait comme ça l'île allait disparaître. Je vais vous offrir de nouvelles têtes avec la lave du volcan, ainsi, votre cœur pourra reprendre sa place et vous serez sauvés.

- Mais à quoi ressembleront nos têtes ? demanda Jolie Cœur.

- Revenez demain tôt dans la matinée et je vous dirai tout, dit Grand Coeur. »

IV. Blonde aux yeux bleus…
 
Le soir même ils dormirent au pied du volcan. Le lendemain matin ils se réveillèrent et allèrent directement voir Grand Cœur. Ils grimpèrent, ils grimpèrent, ils grimpèrent...Ils s’arrêtèrent pour se reposer un peu et dans un grand silence, ils entendirent au loin, une musique.

- « D'où ça vient ? demanda Petit Coeur.

- Je n'en sais rien, répondit Jolie Coeur, en regardant autour d'elle.

- On dirait que ça vient de loin, dit Petit Coeur.

- Plus loin que la mer, tu crois ? »

Ils regardèrent au loin dans la mer et virent une petite île. Au milieu de cette île, il y avait une espèce d'énorme trompette. C'était de là que venait la musique.

«  Bon, on continue ?

- Oui, allons voir Grand Cœur ».

Ils reprirent leur chemin.

« Ouf enfin arrivés, dit Jolie Cœur.

- Bonjour Grand Cœur.

- Bonjour, les enfants. Allons-y, mettons-nous au travail : la lave est prête ! Que voulez-vous comme tête ? demanda Grand Cœur.

- De la lave ? Mais ça va brûler, dit Jolie Coeur.

- Mais non, elle est tiède, juste comme il faut !

- Alors... moi je veux une tête ronde, avec des cheveux blonds et des yeux bleus dit Jolie Coeur.

- Quant à moi, je veux une tête ronde aussi avec des cheveux châtains et des yeux verts dit Petit Coeur. »

Comme la lave était tiède, Grand Cœur s’en servit comme de la pâte à  modeler et put ainsi faire une tête à chacun des deux enfants.

Avec leur nouvelle tête et après avoir remercié grand Coeur, ils prirent le raccourci que Grand Coeur leur avait conseillé pour rentrer au village. Sur le chemin ils se regardaient timidement et commençaient même à ressentir quelques sentiments amoureux... Ils se découvraient.

Pour traverser le fleuve, ils firent appel à nouveau à la sicœurène :

« Oh, comme vous êtes beaux maintenant ! Moi j’aimerais bien avoir une tête comme la vôtre !

-Ramène-nous de l’autre côté du fleuve et nous te dirons comment faire. »

Arrivés sur l’autre rive, ils lui dirent :

« Va voir Grand Cœur, il te fera aussi une belle tête !


V. Têtes en fête
 
Quand Petit Cœur et Jolie Cœur arrivèrent au village, ce fût une grande surprise. Les villageois ne les reconnurent pas !

«  Mais qui êtes-vous ? dirent-ils

- Mais nous sommes Jolie Cœur et Petit Cœur !

- Mais ce n'est pas possible, ils n'ont pas cette tête-là ! »

Et là ils expliquèrent aux villageois tout ce qui s'était passé, et comment ils allaient leur fabriquer des têtes à la manière de Grand Cœur.

« Grand Cœur nous a appris à fabriquer des têtes toutes rondes avec la personnalité de votre choix par exemple : des cheveux et des yeux de la couleur que vous voulez, on sera tous différents.»

Petit Coeur et Jolie Cœur se mirent au travail rapidement car la tête en forme de cœur des Cœuriens avait presque disparu, et le trou à la place du cœur s'était presque refermé.

Après avoir fabriqués des têtes différentes à tous, l'amour revint au village. Les hommes et les femmes tombèrent profondément amoureux, et ils eurent beaucoup d'enfants. Comme la joie et l'amour sont revenus au village, pour fêter ça ils firent une fête autour d'un feu. Et... Tout est bien qui finit bien !!
 

par Juliette Avenel, Yohann Bellee, Clara Ben Salah, Mathéo Betton, Lola Claudel, Kévyn Coll, Mélanie Collet, Mathias Delarette, Kenza Depinoy, Alexis Foubert, Hugo Fouray, Clélia Gesquin, Nolan Greard, Yanis Gerin, Mirella Guillard, Elodie Hennequin, Alexia Heurtin, Théo Jumel, Salma Lamnasfi, Ambre Marguerie, Mathieu Martin, Dorian Paurisse, Clément Pelletier, Enzo Ricozzi, Elodie Rouland

Elèves de la classe CM2 de Mme. Mavounza. Ecole Colleville. Dives-sur-Mer

 
« Et l’île en T devint l’île en P»



I. Un vent glacial…

Il était une fois une île en forme de T qui se situait dans les Caraïbes. La capitale était au Nord, sur un côté. De l’autre côté il y avait un port appelé le « Beau port ». Dans le reste de l’île en T, il n’y avait qu’un autre village. Il était au Sud, derrière les Montagnes Chaleureuses.

Un jour Glacial arriva sur l'île en T. Il avait des pouvoirs magiques. Glacial bloqua le port avec un iceberg qu’il fabriqua avec son bâton magique et il fixa devant l’entrée du port pour empêcher toute sortie et entrée des navires.

Il parla aux habitants.

« Vous devez me respecter et faire tout ce que je veux !

-Non, nous ne sommes pas en dictature, nous avons nos droits ! –répondirent les habitants ».

Alors Glacial provoqua une tempête de neige. Tous les habitants furent obligés de rentrer chez eux.

Glacial bloqua portes et fenêtres avec.... de la glace et interdit tout feux !

Glacial se fit construire un château de glace dans l’iceberg flanqué de quatre tours rondes armées de canons de glace qui pouvaient lancer des stalactites. Dans la partie centrale, des cachots abritaient les soldats de glace. Dans sa chambre située dans le donjon, un doudou de glace attendait tous les soirs le magicien.

Près du port, il y avait un vieux cimetière. La nuit, Glacial ouvrait les tombes une par une. Il récupérait ainsi les cadavres pour les transformer en zombies. Ses soldats craignaient la chaleur alors il décida d’utiliser les zombies pour faire régner l’ordre pendant la journée. Il ignorait que les zombies ne craignent pas la chaleur mais détestent la lumière du jour. C’est pourquoi son choix allait s’avérer fatal pour sa dictature.
 

II. Les Elfeux

Au sud de l'île, derrière les Montagnes Chaleureuses vivaient les Elfeux. On les appelait ainsi car ces spécimens ressemblaient à des lutins. Ils étaient les gardiens du feu. Solaire, une sorcière bien étrange, était leur souveraine. Comme toutes les sorcières, elle avait un physique particulier. Ses cheveux étaient orange avec une mèche rose. Une grosse verrue était posée sur son nez. Sa main était composée de six doigts et surtout elle dégageait une odeur nauséabonde.

Lorsqu’elle sut ce qui se passait au nord de l’Île en T, elle voulut aider les habitants pour qu'ils vivent de nouveau en paix.

« Nous devons aider les pauvres habitants qui vivent de l'autre côté des montagnes sous la dictature de Glacial, dit-t-elle.

-Nous sommes tous d'accord, répondirent les habitants de Chaudeville. Nous jurons de faire payer à Glacial le mal qu'il fait à nos frères du Nord ! »

Les Elfeux se rassemblèrent autour de Solaire pour élaborer un plan d'attaque. Les idées fusaient de leur esprit. L'un d'eux proposa l'idée suivante :

« Nous rentrerons la nuit et attaquerons.

- Mais comment allons-nous faire ? Le château est gardé de nuit comme de jour, répondit un.

-Et puis il fait trop froid pour nous, des lutins de feux, rappela un autre. Dans l’iceberg nous perdrons tout pouvoir ».

Ils commençaient à se disputer.

« Du calme, du calme ! dit Solaire. J’ai un plan. J’enverrai un message magique dans la capitale. Il y aura bien des enfants courageux qui viendront nous prêter main forte !


III. Ardant et Erêve

 
Peu de temps après, dans la capitale…

Ardent et Erêve participaient à une bataille de boules de neige dans leur jardin quand ils virent un mot sur la vitre. « Des enfants courageux doivent aller chercher Solaire, la sorcière qui vit derrière les montagnes. Elle seule trouvera la solution à tous vos problèmes. »

Ardent et Erêve décidèrent courir aussitôt à la rencontre de la célèbre sorcière.

Deux heures plus tard, en chemin, ils croisèrent une bande de zombis. En vitesse, ils décidèrent d'aller se cacher derrière un buisson et les regardèrent passer. Ils avaient une drôle d'allure. Ils portaient tous des vêtements déchirés et marchaient nu pieds. Quand on les regardait de plus près, on remarquait leurs dents cassées, jaunes. Leur chef était un soldat de glace. Il était grand et musclé. C’était un être sans scrupule.

« Il commence à faire trop chaud, dit le soldat de glace. Je vous laisse ici. Vous êtes chargés d’empêcher quiconque de passer en direction des Montagnes Chaleureuses. Au revoir ! »

Depuis leur cachette dans le buisson, les enfants regardaient les zombies prendre place, avec leurs armes, au milieu du chemin.

« Nous sommes dans le pétrin, dit Ardent. Nous devons franchir les Montagnes Chaleureuses pour rencontrer la sorcière Solaire afin qu'elle nous aide à vaincre la dictature.

-Les zombies sont trop forts pour nous, répondit Erêve. Il ne nous reste que l’astuce. Un zombie est bête comme ses pieds, tout le monde sait ça.


IV. Glacial s’enflamme…
 

Les zombies décidèrent de faire une sieste jusqu’à l’arrivée de la nuit. L’un d’entre eux, seul, montait la garde. Ardent et Erêve se déguisèrent en zombies et le zombie de garde les laissa passer.

Les enfants arrivèrent chez les Elfeux. Au début ceux-ci voulurent les attaquer car ils pensaient qu’il s’agissait de zombies. Solaire dit : « Mais non, ce sont les enfants que j’attendais ».

Elle leur dit : « Je vous prête mon bâton magique. Celui de Glacial est de glace et le mien est de feu. Le mien est le plus fort, mais je suis trop vieille pour aller me battre avec. Vous pouvez le prendre et dès que vous serez dans le château de glace, celui-ci commencera à fondre. Alors, mes Elfeux iront dans chaque maison pour faire fondre les verrous de glace de toutes les maisons de la capitale. Ensemble, les habitants du Nord et les habitants du Sud pourront attaquer l’iceberg et vaincre Glacial.

Les Elfeux étaient prêts à attaquer le terrible Glacial qui ne pouvait se douter de leur puissance de feu.

Ils se cachèrent simplement derrière les innombrables buissons secs de l'île.

Les zombies, ne l'oublions pas, ne sortent que la nuit. Mal dirigés par Glacial, ils perdirent un temps fou pour s'orienter. Le temps était compté. Il leur fallait rentrer dans leur cimetière avant le premier rayon de soleil.

Les Elfeux ne bougeaient pas. Ils savaient que la patience était leur meilleure arme.

Et d'un seul par la seule présence des Elfeux, à la lumière matinale, les buissons se transformèrent en torches.

Les zombies bloqués par la hauteur des flammes ne purent que ….. fuir pour ne pas griller comme des saucisses.

Ainsi Ardent et Erêve purent continuer leur chemin.

« Enfin, nous sommes arrivés dans le village, le château est un peu plus loin sur la gauche ».

Arrivés près du château en nombre, les soldats de glace ne purent résister très longtemps. Ils n'avaient plus de glace pour leurs canons.

Le château de Glacial fondit avec la baguette magique de Solaire. Les Elfeux délivrèrent les habitants qui pénétrèrent dans le château et firent fondre le doudou de Glacial. Il en fût tellement peiné qu'il se suicida !


V. Une île en paix…

La bataille était gagnée.

Solaire fit fondre toute la glace de l'iceberg qui bloquait le port. Peu à peu au rythme des marées, l'île prit la forme d'une lettre P.

Depuis ce jour-là, l'île est en Paix.


par Lucas Aires, Pauline Anne, Faouzi Bennour, Coeffic Florentin, Paola Conigliaro, Julien Constantin, Maëva Cotigny, Clarisse Gouye, Zoée Hache, Maël Kebli, Aniss Kedjour, Younès Kibachi, Chloé Lecureil, Alban Marie, Marine Mouton, Théo Novince, Quentin Pasquet, Lise Pastol, Louison Pourchasse, Marine Prentout, Charlotte Roges, Samuel Tanguy, Andrew Veillard
Élèves de la classe de CM2 de Mr. Mériel. Ecole Colbert, Blainville-sur-Orne
 
 
« Une histoire Chocolatée »



 
I. Une île très bizarre

Il était une fois une île qui s’appelait Chocolîle. En effet, elle était en chocolat sauf le dessous qui était en roche. Elle avait une forme de grand plat ovale et était placée sur un volcan endormi depuis longtemps : le Chococône.
Les habitants, les Chocoliliens, étaient un peu grassouillets car ils ne faisaient que se goinfrer de chocolat et ils ne pratiquaient aucun sport. Cependant, ils étaient courageux car ils cultivaient du nougablé qui servaient à fabriquer le repas des travailleurs : le nougapain. Ils avaient planté un cacaoyer géant baptisé Crunchy et des plantes caramélivores qui attiraient toutes sortes d’insectes qui nourrissaient les personnes âgées.
Les maisons rondes étaient disposées en cercle autour du cacaoyer géant, du côté Ouest de l’île et à l’opposé, se situait le château du roi, tout près de la forêt. Là-bas, vivaient des animaux en guimauve et en pain d’épices. Il y avait même des moustiques en gélatine. Le roi possédait une vache mauve « Mika » qui produisait assez de lait pour élever tous les bébés de l’île. Il restait, au milieu de l’île, un terrain chocolisse où les enfants adoraient patilisser.
Quand il neigeait, les flocons étaient en chocolat blanc glacé. Quand le vent soufflait, c’était du cacao en poudre et quand il pleuvait, les gouttes de chocolat étaient amères. Le tout se retrouvait mélangé et formait des fontaines chocolatées délicieuses. Un vrai paradis…
 II. L’idée du roi
Le roi de cette île, Cacao 70%, était bête et obèse. Son sport préféré était de manger du chocolat toute la journée. Un jour, il engloutit 5 kg de chocolat et ce fut son record ; c’est là qu’il eut une idée. Et il courut en parler à ses ministres.
Le premier ministre, Choconoir, qui était sérieux et prudent, l’écouta avec attention :
« Pour le centième anniversaire de notre cacaoyer géant, l’emblème de l’île, je vais organiser une grande fête foraine interîltionale avec un concours du plus gros mangeur de chocolat, qu’en pensez-vous chers ministres ?
- Ce projet coûtera bien trop cher à la chocobanque ! critiqua Choconoir.
- Moi, je trouve que c’est une bonne idée, dit Chocoblanc, le deuxième ministre qui était mou et aussi bête que le roi. Les gens n’auront qu’à se servir à manger directement sur les plantations de l’île.
- Comme ça, elle deviendra comme du gruyère pauvre imbécile ! s’énerva Choconoir.
- Oh là, arrêtez de vous disputer, intervint le troisième ministre, Chocolait qui était prudent et doux. On organisera le concours à la fin de l’hiver, comme ça ils mangeront la choconeige qui sera tombée.
         - Excellente idée comme toujours ! s’exclama le roi ravi. »
Pendant des mois, les chocoarchitectes fabriquèrent une grande Chocoroue, le Chocosuper8, le Tagadou et un train Chocomine sur le terrain chocolisse. Quand tout fut terminé, le roi prit son tokichoco pour inviter les habitants des îles voisines :
  « Avis à l’île en T, l’île en Cœur, l’île du Son, l’île Tournante et l’île Volcan, Chocolîle vous invite à une superbe fête et à un grand concours du plus gros mangeur de chocolat les 1er et 2 mars. Venez nombreux !»
 
III. La fête foraine

Par un beau jour ensoleillé, les touristes arrivèrent par centaines sur Chocolîle. Le roi les accueillit avec honneur. La fanfare joua un air sucré avec des trompettes en nougat, des trombones en sucette. Il déroula son tapis en chocolat noir et blanc et les habitants lancèrent des confettis chocolatés et des serpentins en sucre pop. La fête commença et tout le monde se dirigea vers les jeux. Certains touristes montèrent à la grande roue pour admirer Chocolîle, quelques-uns zigzaguèrent dans le Chocosuper8, d’autres sautèrent sur le Tagadou et les derniers s’amusèrent dans le Chocotrain. Toutes ces émotions leur avaient donné faim et c’était l’heure du concours Chocomange tant attendu.

  Les touristes prirent des couvertures en sucre et s’installèrent autour du Crunchy, prêts à encourager les 30 candidats. Malheureusement, la neige n’était pas beaucoup tombée cet hiver et la chaleur des jours derniers l’avait déjà fait fondre entièrement. Les candidats durent manger les plantations. Au bout d’une heure, il ne restait plus que deux obèses en finale, les autres s’étant arrêtés sur le point de vomir ! Un habitant de l’île en T arracha une racine du cacaoyer géant sans savoir que celle-ci était profondément attachée au Chococône. Au fur et à mesure que les deux concurrents mangeaient les racines de l’emblème de l’île, le trou du volcan se débouchait provoquant son réveil. C’est alors qu’une légère secousse se fit ressentir. Certains touristes paniquèrent et s’enfuirent aussitôt de l’île. Les autres acclamèrent le vainqueur du concours dont le contour du ventre mesurait deux mètres ! Il fallut l’aide des trois ministres pour le porter jusqu’à une chambre tellement il avait mal au ventre.


IV. Le réveil du Chococône

Pendant la nuit, le volcan cracha un petit jet d’eau qui souleva légèrement l’île. Comme tous les gens dormaient profondément comme des bébés, personne ne se rendit compte de quoi que ce soit. Au petit matin, le sol trembla à nouveau de plus belle, réveillant les animaux qui se mirent à hurler sans répit. Tout le monde s’éveilla en sursaut. Dès que le roi mit un pied hors de son palais, ce fut un jet d’eau puissant cette fois qui propulsa l’île en l’air. Quelques Chocoliliens sautèrent à l’eau alors que d’autres s’accrochèrent aux arbres de la forêt ou sur le Crunchy. Finalement, l’île retomba à l’envers comme une tartine de Nutella sur le sol. Il n’y avait plus qu’une terre rocheuse à la surface alors que toutes les habitations étaient sous l’eau. Grâce à leurs rondeurs, les participants au concours flottèrent, sauvant ainsi de nombreuses personnes qui s’accrochaient à eux comme à une bouée. Le roi, quant à lui, s’aida du tronc du Crunchy pour atteindre quelques racines, les arracha et fit un trou. Il ne put passer malheureusement que la tête ! Les ministres en apnée lui poussèrent aux fesses pour le décoincer. Ils poussèrent si fort que le roi s’envola dans les airs comme un bouchon de Champany, il retomba sur le ventre et rebondit tel un ballon. Puis, ce fut aux ministres de sortir de l’eau.
 
V. Deux génies          


  Devant la situation désespérée, le roi et ses trois ministres se disputèrent :

  « C’est de ta faute, espèce de truffe, il ne fallait pas leur dire de manger Chocolîle, cria Choconoir.

- Mais non, c’est de la tienne, chocolat moisi, si tu avais été plus généreux, on n’en serait pas là ! corrigea Chocoblanc.

- Arrêtez de vous disputer, bande de chocoàlanoix ! coupa Chocolait.

- Vous n’êtes que des chokidiots incompétents. Vous ne méritez pas d’être mes ministres. A partir d’aujourd’hui, vous n’avez plus qu’à vous inscrire au chocochômage, » s’énerva le roi.

Placé désormais à côté de l’île, le volcan crachait à présent des pierres de lave qui tombaient sur divers points de l’île. Le volcanologue Chokeinstein regardait la trajectoire de ces roches et décida de chercher son ami, Chocochoc, l’ingénieur, parmi les rescapés affolés.                             .

  «  Ah, te voilà, Choc ! J’ai étudié la fréquence et la trajectoire des pierres. Elles sont éjectées toutes les trois minutes. Des petites sont propulsées loin là-bas et de plus grosses s’arrêtent ici…

- Attention Chokeinstein, une pierre ! hurla Chocochoc en poussant son ami.

- Ouf, j’ai eu chaud, heureusement que tu as eu ce réflexe ! remercia Chokeinstein.                                                                      

- Il faut trouver une solution et vite, réfléchit Choc. J’ai une idée ! Il faut réunir toutes les pierres au bord de l’île afin que ça fasse contrepoids et que Chocolîle se retourne.

- Génial, mais comment faire pour transporter tout ça ?

- Il faut former une chaîne humaine avec tous les Chocoliliens. »
         Alors qu’ils se réjouissaient de leur idée, ils entendirent des cris perçants.

« Au secours, au secours ! »

Les deux amis virent la princesse Pâtatartiner en train de se noyer. Ils sautèrent aussitôt à l’eau et nagèrent jusqu’à la sauver. Ils la remontèrent sur l’île à l’envers.

« Oh, merci ! Vous m’avez sauvé la vie ! dit-elle en pleurant.

- Mais pourquoi pleurez-vous chère princesse ? questionnèrent les deux hommes.

- Je pleure parce que l’île est désespérément déserte. Nous n’avons plus de nourriture, plus rien !

- Rassurez-vous, nous avons une solution pour retourner l’île.»

Les scientifiques expliquèrent tout à la princesse.

« Mais, c’est une idée formidable. Allons vite en parler à mon père. »

Chokeinstein, Chocochoc et la princesse se précipitèrent vers le roi et ses ministres.

« Sire, nous avons une idée pour retourner l’île ! s’exclama Chokeinstein.

- Taisez-vous, vous ne voyez pas que je suis en train de discuter, ordonna le roi.

- Père, c’est une bonne idée. Ecoute-le s’il te plait supplia la princesse.

- Bon d’accord, je vous écoute deux minutes. »

Les deux amis expliquèrent leur idée.

« Ça a pris plus de deux minutes, ronchonna le roi. Mais, c’est une bonne idée. Allez vite, pendant ce temps, je vais faire une sieste. »


VI. Une nouvelle vie

Les Chocoliliens travaillèrent pendant des semaines. Au fur et à mesure des travaux, ils devenaient de plus en plus minces. Tous, sauf le roi et ses ministres. Au bout d’un mois, l’île se retourna enfin grâce au volcan qui fit tomber un gros jet de pierre sur l’île déjà inclinée.

« Ouais ! On a réussi !

- Oui, c’est ça ! Mais moi, je suis encore mouillé », se plaignit le roi.

Un mois dans l’eau, tout était rétréci. Les maisons étaient plus petites, même le cacaoyer géant ne mesurait plus que 50 mètres. Comme les gens étaient tout minces, ils rentraient encore chez eux. Mais le roi et les ministres étaient toujours gros et ne pouvaient plus entrer nulle part.

« Chers sujets, il faut me construire un nouveau château.

- Et bien, tu te le construis tout seul ! cria un habitant.
          - Mais, c’est moi le roi !

- Tu étais le roi. Un mauvais roi ! Maintenant, on va faire des élections et on choisira le meilleur d’entre nous comme président. »
           Chokeinstein fut élu président, Pâtatartiner fut nommée 1er ministre et Chocochoc, ministre de l’ingénierie.

Le chocolat, le caramel, tout était devenu salé ! Même les animaux ! Le lait de Mika était salé aussi ! C’est ainsi qu’on inventa le chocolat léger et le caramel salé !

Et comme les gens mangeaient moins de sucreries, ils ne furent plus jamais gros !

 

Par Joris Alta, Lucie Blanchet, Daniil Chadrin, Florian Conflant, Sarah Dahmani, Marius Delamontagne, Maxence Durande, Jules Furstenberger, Mattéo Guernier, Dine Hacini, Carla Hernandez, Théo Hibert, Mathis Jamzq, Emma Larche, Samuel Le Drian, Victoria Le Gall, James Louis, Lou-Anne Massier, Hugo Noblet, Théo Osmont, Alexandre Tasset, Oriane Thomas, Pauline Trabay.


Élèves de la classe de CM2 de Mme. Roger. Ecole Juliot Curie Blainville-sur-Orne.



« L'île du son »

 
I. Les Sontenlair

Il était une fois en Amérique latine une île tropicale en forme d'oreille, très bizarre, qui s'appelait l'île du Son. Eh oui ! Comme sa forme l'indiquait, elle s'appelait bien l'île du Son !

Elle était composée de trois grandes montagnes qui entouraient un objet immense. Au centre de ces trois montagnes était placé un petit village, très chaleureux mais très étrange, le village des Sontenlair.

Beaucoup d'arbres fruitiers poussaient sur l'île et faisaient le bonheur des habitants : bananiers, cocotiers, palmiers, manguiers...Les villageois mangeaient aussi beaucoup de litchis et de papayes.

L'île faisait partie d'un archipel et se situait à une heure de bateau de l'île des Ccœuriens. Dans l'océan Pathétique, vivaient toutes sortes d'animaux : des millions de poissons de toutes les couleurs, des crabes, des crevettes roses et grises, des oursins, des bénitiers… Pour manger, les villageois allaient pêcher tous les jours. Quand ils avaient fini de manger, les habitants jetaient à même le sol leurs déchets.

Mais au fait, je ne vous ai pas parlé de l'immense objet au centre de l'île. Cet objet, placé en plein cœur du village, c'était … une trompette ! Elle faisait de la musique tous les dimanches, ce qui amenait la joie et l'harmonie chez les Sontenlair qui partageaient gaiement la fête entre amis.

Au niveau du sol, la trompette ressemblait à un tube très étroit ; mais si on levait la tête, elle s'élargissait, s'élargissait ! Et se finissait en un véritable pavillon. Chaque dimanche, on n'avait jamais su pourquoi, la trompette sonnait ou plutôt elle jouait de la musique. C'était comme un corps de voix et d'instruments, comme une troupe qui aurait chanté et joué une mélodie. Mais les Sontenlair se moquaient bien de savoir pourquoi la trompette jouait. Du moment qu'ils pouvaient faire la fête, c'était tout ce qui les intéressait.

Chaque dimanche, les Sontenlair sautaient, dansaient et du coup leurs sauts et leurs danses écrasaient les déchets et les faisaient rentrer dans la terre. 

II. La trompette ne sonne plus

Un dimanche, un malheur arriva.

Pourtant la journée avait bien commencé. Il faisait un soleil magnifique et les Sontenlair avaient préparé la fiesta : les femmes avaient confectionné des gâteaux aux fruits tropicaux ; les enfants avaient décoré les maisons et les rues avec des nœuds, des guirlandes en papier et des dessins ; les hommes les plus forts avaient amené des tables et des chaises ; les musiciens avaient accordé leurs instruments.

A midi, la trompette se mit à jouer, d'abord tout doucement, puis de plus en plus fort ; mais soudain, un son horrible sortit de l'immense instrument. Cela ressemblait à un barrissement d'éléphant, ou au bruit d'une corne de brume. Les habitants, très surpris, se bouchèrent les oreilles mais cela ne suffit pas pour ne plus entendre ce bruit insupportable.

Après quelques minutes, le vacarme s'arrêta.

Les habitants, privés de fête, rangèrent le matériel, jetèrent la nourriture, les boissons et les décorations par terre. Puis ils rentrèrent chez eux, tout tristes.

Toute la semaine, tous se posèrent la même question : pourquoi la trompette ne sonnait-elle plus ?

Un autre dimanche arriva. A midi, tous les Sontenlair se réunirent au centre du village, autour de la trompette, attendant avec impatience et espoir qu'elle se mît à jouer. Malheureusement, rien ne se produisit. Après une très longue attente, les villageois se dispersèrent, très déçus.

Les gens imaginaient toutes sortes d'hypothèses pour expliquer le silence de la trompette.

Le troisième dimanche, la situation empira.

Les habitants se réunirent de nouveau au pied de l'instrument. La tension montait car ils ne supportaient plus d'être privés de fête.

- Vu que des cocotiers sont plantés près de la trompette, une noix est sûrement tombée dedans et a bouché le conduit.

- C'est à cause du maire. Il n'entretient pas assez le village.

- Moi je crois plutôt qu'un oiseau est entré dans la trompette et qu'il est resté bloqué à l'intérieur.

- N'importe quoi !

Cela faisait déjà quinze jours que les gens proposaient des théories pour expliquer ce qui s'était passé. Ce jour-là les disputes dégénérèrent.

- Et si c'était une fuite de gaz ? La trompette risque d'exploser. On devrait peut-être évacuer le village ?

Toute la journée des bagarres éclatèrent. La police débarqua rapidement mais fut vite dépassée.

Musica, une adorable jeune fille, essaya bien de ramener les gens à la raison, mais avec sa toute petite voix flûtée, personne ne l'entendait. Alors elle s'assit à l'ombre, tout contre la trompette, et joua de la guitare. Assez vite, des gens se calmèrent et entourèrent la jeune fille pour l'écouter.

Hélas au nord du village un petit groupe continuait à se battre, la rage au cœur, et il semblait que rien ne pouvait les arrêter. Le maire, M. Cocofruit, appela son ami Robertillo à l'aide.

- Robertillo, viens vite avec moi. Il faut empêcher les villageois de s'entretuer. Tu es le seul à pouvoir les séparer.

Il faut dire que Robertillo,  avec ses gros bras musclés, impressionnait la population.

Le calme revint enfin. Tous se sentaient énervés, honteux et malheureux.

Le maire promit alors :

- Je vais vous sauver. Nous allons envoyer un commando de choc qui devra découvrir pourquoi la trompette ne fonctionne plus et qui essayera de la réparer. 

III. Une équipe de choc

M. Cocofruit s'approcha de Robertillo et lui demanda s'il voulait faire partie de l'équipe de choc.  Robertillo accepta, mais au fond de lui il disait non, car il avait le vertige et savait qu'escalader la trompette serait pour lui une épreuve terrible. Seulement, il ne pouvait pas décevoir son ami le maire. Et puis la population avait besoin de lui ; il était le plus fort du village, alors il pourrait être utile au groupe.

- Au fait, Robertillo, si tu connais des personnes qui peuvent faire partie du commando, n'hésite pas à m'en faire part.

- Je pense à Toto, l'intello. Je vais le chercher.

Robertillo se rendit chez son ami. Dès qu'il rentra dans la maison, il aperçut des kilomètres de câbles qui pendouillaient au mur.

- Toto ! Où es-tu ? hurla Robertillo qui ne voyait pas son ami.

- Je suis ici, répondit une voix étouffée.

Robertillo s'avança en soulevant quelques branchements électriques et arriva enfin devant Toto qui s'exclama :

- Salut, regarde un peu cette petite merveille de technologie !

Robertillo s'approcha et vit une forme humanoïde robotisée, fabriquée avec un aspirateur, un micro-onde, un fer à repasser ainsi que des pièces de moteur et d'articulations.

-C’est quoi ça ? Tu jettes de vieux trucs de ton atelier ?

-Mais non ! C’est mais dernière invention ! Je te présente mon génial robot…

-Pas le temps ! Je viens te voir car, comme tu le sais, le maire cherche à constituer un commando. Viens avec nous !

- Avec grand plaisir ! Mais j'y pense ! Emmenons aussi Robotsuisse. Je l'ai inventé au cas où une catastrophe arriverait. Multifonction, il est autant cuisinier que médecin et ingénieur. Il peut régler n'importe quelle situation. Il pourra s'occuper de la nourriture et ainsi les autres n'auront pas besoin de transporter des provisions. Il le fera pour eux. Avec des sacs moins lourds, on aura moins de difficultés pour grimper.

Lorsque Toto, Robotsuisse et Robertillo revinrent sur la place du village, Mme Sissi Cocofruit fit remarquer à son mari qu'ils avaient besoin d'un spécialiste de l'escalade.

- Alors choisissons Scala, la spéléologue alpiniste. Elle est la seule à avoir réussi l'escalade du mont Piano, le plus haut de l'île. C'est une super grimpeuse, idéale pour ce genre de situation. Elle n'hésite jamais !

- D'accord, dit le maire. Allez la chercher.

- J'y vais répondit Toto.

Musica, restée près de la trompette, avait tout entendu. Elle s'approcha du maire :

- M. Cocofruit, laissez-moi les accompagner ! J'aimerais tellement voir l'intérieur de cette trompette.

- Mais à quoi servirais-tu ? Tu es trop petite.

- Je pourrai remonter le moral du commando et la musique, je m'y connais. 

Chacun se prépara pour l'expédition.

Robertillo remplit son sac de barres énergétiques pour se donner des forces. Robotsuisse ferait à manger, mais Robertillo avait toujours faim, alors il préférait prévoir des provisions supplémentaires.

Toto nettoya ses lunettes et glissa dans sa sacoche son carnet d'expédition ainsi qu'un livre « L'aventure pour les nuls » …

Scala fournit à chacun le matériel de base : les baudriers, les casques avec lampe frontale et des mousquetons. Elle emporta aussi une série de cordes ainsi qu'un pic et bien d'autres choses.

Musica emporta une écharpe pour ne pas attraper froid, ainsi qu'un cahier de chant et un harmonica.

Robotsuisse, lui, n'avait besoin de rien puisqu'il possédait déjà de multiples fonctions. 

Avant de partir en expédition, ils allèrent examiner de près la trompette. Musica, toute émue par la beauté du magnifique instrument, s'approcha et embrassa le tube.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? On n'embrasse pas un instrument ! dit Scala.

- Tu ne comprends pas ! Pour moi, c'est … magique ! lui répondit Musica.

Robotsuisse intervint avec sa voix métallique :

- Stop ! Arrêtez vos chamailleries. On va manger. Je vous ai préparé des spaguettis.

Le ventre plein, ils allèrent se coucher.


IV. L’expédition 

Le lundi matin, Scala se leva d'un bond. Elle avala son petit-déjeuner, s'habilla en moins de deux et vérifia une dernière fois son sac. Puis elle saisit le téléphone et appela Toto.

- Bonjour, Scala, répondit son ami. Tu es prête ?

- Oui et je passe te prendre dans dix minutes. Bises.

- Quoi ? voulut dire Toto, je ne suis pas prêt ! Mais Scala avait déjà raccroché.

Alors Toto se prépara en quatrième vitesse : chemise mal boutonnée, chaussettes dépareillées, chaussure droite sur le pied gauche...

Il n'eut pas le temps non plus de se coiffer ni de se laver les dents.

Pendant ce temps, Musica et Robotsuisse sonnaient chez Robertillo.

Il mit du temps à venir ouvrir la porte. Il était en pleurs.

- MAIS QU'EST-CE QUI T'ARRIVE ? demanda le robot.

- Il faut que je vous avoue quelque chose. J'ai … J'ai …

- Eh bien allez, dis-nous, insista Musica.

- J'ai le vertige ! Rien que de lever la tête pour regarder la trompette, j'ai des frissons.

- Bon, alors on y va sans toi ? demanda Musica.

- Ah si ! Je viens, même si j'ai le vertige. Sinon, qui vous protégera ?

- Tu es sûr ?, demanda la musicienne.

- Certain, répondit Robertillo en séchant ses larmes.

Robotsuisse lui fit boire un sirop de papaye, pour qu'il n'ait plus le vertige. 

Tous se retrouvèrent au pied de l'instrument. Le commando était prêt au départ.

Scala escalada la première. Elle grimpait et installait des pitons régulièrement dans la paroi. Les autres montaient derrière, attachés par une corde. Soudain Toto glissa. Il cria et fut stoppé net par la corde.

- Aïe ! ça brûle !

Sa main gauche avait une marque rouge là où la corde avait frotté.

Ils continuèrent à monter. Musica chantonnait ; les autres ne disaient rien, sauf Robertillo qui se plaignait de la hauteur.

La dernière partie de la montée fut plus difficile : la paroi devenait de plus en plus glissante et courbée. Robotsuisse sortit des ventouses de son corps et les distribua à chacun. Ainsi, ils réussirent à atteindre le sommet de la trompette. 

Là, ils s'assirent sur le rebord et contemplèrent la vue.

- C'est si beau !, dit Toto admiratif.

En bas, le village était minuscule et les villageois ressemblaient à des fourmis. Les montagnes entouraient le village de verdure. Deux palmiers immenses dépassaient de l'un des sommets. Scala reconnut sur le mont Piano la voie qu'elle avait suivie, deux mois plus tôt, lors de son ascension jusqu'au sommet.

Au-delà des montagnes, l'océan infini étincelait sous le soleil. Au milieu du turquoise de l'océan, tous aperçurent une tache en forme de cœur.

- Regardez, fit Toto, ce doit être l'île des Cœuriens.

-C’EST EXACTE, dit Robotsuisse. ET PLUS LOIN ON VOIT L’ÎLE VOLCAN ET L’ÎLE BETON ET FLAMMES.

-Nous n’avons pas une vue aussi bonne que toi, répondit Scala. Poursuivons.

Ils se décidèrent enfin à descendre à l'intérieur de la trompette. Ils furent surpris de découvrir un escalier qui courait en colimaçon tout autour. La descente dura des heures.

A un moment, Musica s'assit sur une des marches.

- Je n'en peux plus ! gémit-elle, je suis fatiguée.

- Musica, relève-toi ! N'oublie pas qu'on fait ça pour tout le village.

- Tu as raison, Toto, mais on pourrait peut-être s'arrêter pour manger. J'ai une faim de loup ! remarqua Robertillo.

- Pas question, s'énerva Scala. On doit remplir la mission rapidement surtout qu'on ne sait pas pour combien de temps on en a.

- C'EST JUSTEMENT POUR CELA QU'ON VA FAIRE UNE PAUSE. SANDWICHS POUR TOUT LE MONDE ! décida Robotsuisse.

Finalement tous furent heureux de cette pause bien méritée. 

V.  Le village souterrain 

La bande se remit en route. Le tube de la trompette était de plus en plus étroit et sombre et la descente devenait de plus en plus périlleuse. Après plusieurs heures, ils atteignirent enfin le fond.

Il faisait nuit noir et très froid.

- Pouah ! ça sent mauvais, dit Robertillo.

- Tu as raison, affirma Musica en se bouchant le nez. Et tous en firent de même.

- Je ne sais pas pourquoi, mais à mon avis, c'est à cause des conserves et des peaux de bananes pourries qui sont par terre, répondit Toto.

- Bon, ce n'est pas grave, cette odeur. On doit assumer notre rôle. On fait partie du commando. Il faut réussir la mission, ne l'oublions pas ! rappela Scala.

-Mais on va où ? demanda Toto. On ne voit pas ni porte, ni trou, ni fissure dans les parois. On dirait qu’il n'y avait pas d'issue.

Tous, désespérés, s'affalèrent sur les parois.

Et souvent, sous le poids de Robertillo, une brique s'enfonça dans le mur puis un drôle de mécanisme apparut. Des lianes s'écartèrent, laissant  place à une porte. Scala voulut l'ouvrir mais en vain.

- Le mécanisme est coincé ! s'énerva-t-elle.

- Du calme, ne t'énerve pas, je suis là, dit Robertillo. Et il ouvrit la porte avec la plus grande facilité.

Là ils découvrirent une espèce de jardin souterrain. On aurait dit un labyrinthe.

Ils entrèrent prudemment et se mirent en marche. Le sol était couvert de déchets : canettes rouillées, morceaux de papier à moitié décomposés, bouts de tissus décolorés, restes de noix de coco et d'ananas...

- On dirait les trottoirs du village après la fête.

- Mais regardez ! Ça ressemble à nos déguisements de la dernière fois.

Le chemin tournait sans cesse. Les nombreux virages finirent par donner le tournis aux membres du commando.

- Ouille ! Ça sonne dans ma tête, souffla Musica.

- ALLEZ, ON EST BIENTOT ARRIVE, encouragea Robotsuisse.

- Tu rêves, dit Toto en se frottant la tête. Encore, on a de la chance ; il ne s'est rien passé. On n'a pas rencontré de bêtes gluantes.

Mais à ce moment, un énorme monstre apparut au détour d'un virage. Musica se mit à pleurer de peur. Tous se mirent à courir, loin, très loin devant pour échapper au monstre. Soudain ils arrivèrent devant un gros tas de déchets qui bloquait le passage.

- Il faut trouver une solution, dit Scala, ou le monstre va nous rattraper.

- J'ai une idée, répondit Toto. Robotsuisse, fais fonctionner ton système « poubelle ».

Robotsuisse obéit. Il creusa ainsi un tunnel au milieu des déchets. Le commando passa et le tas s'écroula sur le monstre.

- Vous avez vu ! On aurait dit un cafard géant.

Ils continuèrent leur chemin. Au bout d'un moment, ils arrivèrent devant un énorme cylindre.

- Qu'est-ce que c'est que ça encore ?

- Mais c'est un piston de trompette, dit Musica.

- N'importe quoi, répliqua Scala. Tu as vu la taille ?

- Oui justement, c'est un piston de notre trompette.

- EH LES FILLES, ARRETEZ DE VOUS DISPUTER, dit Robotsuisse. PISTON OU PAS, IL FAUT LE TRAVERSER.

- C'est raide et ça tourne, remarqua Robertillo se penchant sur le trou béant. On dirait un toboggan, mais je n'arrive pas à voir où il va car il fait trop sombre.

- Laisse-moi faire, je vais descendre. Mais avant nous allons créer un langage lumineux, décida Scala. Un coup de lampe pour dire que vous pouvez me rejoindre et deux coups pour vous dire d'attendre s'il y a un problème.

- D'accord, dirent les autres.

Elle jeta une corde dans le vide, puis elle se laissa glisser d'un coup. Au bout d’un long moment ils entendirent un cri étouffé, puis le silence.

Les autres commencèrent à s'inquiéter et Musica dit :

- Je crois qu'il y a un problème.

- Mais je ne vois aucun signe lumineux, dit Robertillo.

- Si elle est blessée, elle ne peut peut-être plus utiliser sa lampe, remarqua Toto.

- Oui, il faut que quelqu'un descende.

- Pas moi, dit Toto tout de suite.

-Moi, j’irais, fit Robertillo. Mais j’ai le vertige et…

- Moi, j'y vais ! dit Musica.

- ESPECE DE PEREUX ! cria Robotsuisse aux autres. ELLE EST BIEN TROP PETITE !

- Petite mais futée, répondit la musicienne.

Puis elle se lança dans l'immense toboggan et, au bout d'un certain temps, cria :

- Youpi !!!

Soudain les autres virent un signe lumineux.

- On y va, dit Robertillo.

Tous glissèrent et rejoignirent Musica et Scala, qui restaient bouche bée devant ce qu'elles voyaient.

Ils étaient arrivés dans une immense grotte au milieu de laquelle se trouvait un lac entouré d'un tout petit village. Les maisons en forme d'instruments ou de notes de musique étonnèrent le commando. Les arbres avaient la forme de trompettes. L'endroit paraissait sympathique mais tout était couvert de déchets.

Le groupe s'approcha des maisons.

- C'est extraordinaire ! Incroyable ! s'exclamèrent-ils, les yeux écarquillés.

Ils entrèrent dans une maison et virent une petite bonne femme un petit peu potelée avec un bonnet de nuit pointu.

- Bonjour madame, comment allez-vous ?

- Pas vraiment bien.

- Pourquoi ?

- Parce que le village est pollué. Nous sommes tous malades. Nos animaux aussi et même les plantes dépérissent. Je crois que c'est bientôt la fin du monde des Sontenbas.

- Les Sontenbas ? s'exclama Toto. Nous venons du village des Sontenlair.

- Savez-vous ce qui pollue votre village ? demanda Scala.

- Ah ! Si on le savait ! Je peux juste vous dire que l'eau qui tombe de notre ciel n'est plus transparente depuis longtemps. Et il y a de plus en plus d'objets bizarres qui tombent du plafond. Les déchets viennent du ciel.

- Mais non ; c'est nous qui sommes en haut. Notre village est juste au-dessus du vôtre, remarqua Robertillo.

- Alors c'est vous qui détruisez notre village !

Tous les membres du commando se regardèrent ébahis.

- Nous ne savions pas que vous étiez là. On peut vous aider et après, on réparera la trompette qui ne joue plus depuis trois semaines, dit Scala.

- Mais, répondit la petite femme étonnée, c'est nous qui jouions de la musique. On faisait la fête tous les dimanches. Mais depuis que le village est malade, plus de fête, plus de musique !

- Alors il suffit de soigner les Sontenbas pour tout régler, s'exclama Musica.

- Il faut qu'on s'organise, reprit Scala. Il faut remonter pour prévenir là-haut de ce qui se passe. Mais on doit aussi rester pour soigner les Sontenbas.

Heureusement que Robotsuisse était là. Il installa des torches partout dans le village pour y voir clair, puis il se mit au travail ; c'est-à-dire qu'il commença à aspirer les ordures. 

VI. La convalescence des Sontenbas 

Toto et Scala décidèrent de remonter. Ils grimpèrent le long du toboggan grâce aux ventouses de Robotsuisse.

Enfin ils arrivèrent au village. Ils racontèrent tout ce qu'ils avaient vu. Ils expliquèrent qu'il y avait un village sous le leur, en bas de la trompette, à plus de 100 mètres de profondeur.

Les Sontenlair furent très étonnés.

- C'est donc à cause de nous que la trompette ne marche plus. Et que tous ces gens sont malades !

- Comment peut-on les aider ? demanda le maire.

Toto expliqua que le plus important était de dépolluer.

Aussitôt les villageois s'organisèrent pour ramasser les déchets. Ils les trièrent et se retrouvèrent avec plusieurs tas.

- Qu'allons-nous en faire ?

- Il faut construire une usine pour recycler tout ce qu'on a ramassé et aussi toutes les ordures à venir.

- Oh oui ! Il n'est plus question de jeter dans les rues. 

Sous la trompette, Robotsuisse commença par l'essentiel : l'eau. Il installa un système de pompage et d'épuration de l'eau du lac.

Robertillo pendant ce temps, parcourait le village et ramassait tous les déchets. Il les jetait dans une brouette puis les entassait dans un recoin de la grotte.

Musica jouait de la musique ce qui redonnait de la joie et de l'espoir aux Sontenbas. Elle avait accroché son harmonica comme on accroche des lunettes. Ainsi elle jouait tout en balayant le sol. 

Robotsuisse fabriqua ensuite une potion qui redonnerait de l'énergie aux Sontenbas. Il construisit enfin une drôle de machine, plus haute qu'un homme.

- MUSICA J'AI BESOIN DE TOI. MON INVENTION FONCTIONNE A L'ENERGIE MUSICALE. ELLE EST RACCORDEE A CE CLAVIER. DES QUE TU VAS JOUER, LA MACHINE VA PROJETER DES ONDES DANS LA GROTTE. CES ONDES VONT PURIFIER L'AIR. ON VA FAIRE PASSER CHAQUE SONTENLAIR DANS LA MACHINE. ILS VONT EN RESSORTIR NETTOYES ET DEBARRASSES DES MICROBES.

- Génial ! On s'y met ? s'écria-t-elle en posant son balai.

- OUI. ROBERTILLO ? PASSE DANS CHAQUE MAISON DEMANDER AUX HABITANTS DE VENIR DANS LA MACHINE.

- J'y vais.

Les habitants s'approchèrent. Certains, très malades, étaient soutenus par d'autres. Chacun leur tour, ils traversèrent la machine.

A la sortie, Musica leur donnait à boire la potion et leur distribuait des pastilles à mettre dans l'eau.

Ils restèrent plusieurs semaines, le temps que tous les Sontenbas soient guéris et que la grotte soit parfaitement nettoyée.  

Pendant ce temps, les Sontenlair s'organisèrent pour construire l'usine. Ils achetèrent des matériaux et commandèrent un grand tuyau pour relier l'usine au village. Pendant un mois, ils creusèrent, tapèrent, vissèrent… Ils finirent enfin l'usine qui fonctionna à merveille. 

Quand Musica, Robertillo et Robotsuisse retournèrent dans leur village ils furent accueillis par des cris de joie. Musica, toute émue, courut vers son père qu'elle embrassa en premier. Ils aperçurent un magnifique bâtiment bleu ciel, construit sur la pente d'une des montagnes.

- Vous avez vu notre usine ? demanda fièrement Toto. Désormais, le village restera propre.

-PAS « LE VILLAGE », corrigea Robotsuisse. LES VILLAGES ! Le village des Sontenbas ne sera plus jamais pollué par notre faute.

Robertillo n'en revenait pas de voir les rues si belles, sans détritus partout. 

Quand Toto et Scala redescendirent, tout avait changé chez les Sontenbas ! Tous les arbres chanteurs rechantaient. Les allées étaient couvertes de fleurs qui tintaient comme des clochettes. Le lac avait retrouvé sa beauté. L'eau était claire et remplie de poissons en forme de notes de musique.

Chaque dimanche les Sontenbas se retrouvèrent sur ses rives et firent la fête. La trompette résonna de nouveau sur l'île du Son. La joie était revenue en haut et en bas. 

Bien sûr, nos cinq aventuriers reçurent la médaille du courage.

Chaque dimanche, les habitants dansèrent et s'amusèrent. Et désormais chaque année, les deux peuples réconciliés firent une fête monumentale pour rappeler leur rencontre et leur accord pour respecter la terre.
 

Par Manon Beaury, Chloé Borelli, Philippe Bosquain, Maéva Chauvin, Faustine Henry, Stannyslas Heuze, Victor Lanois, Yoann Le Moult, Thomas Lecarpentier, Valentin Leclerc, Andréa Lecuyer, Lauryne Lemarie, Louise Lena, Enguerrane Liebart, Florian Louet, Rémy Lukacs, Léna Mure d’Alexis, Liouba Ninauve, Edvin Osmanovic, Nollan Piel, Alexandre Quetron, Tom Quignette, Margaux Raimond, Clara Rivière, Tony Robert, David Vis Gosselin. 

Élèves de la classe de 6ème de Mme. Guillerm. Collège Paul Eluard. Dives-sur-Mer. 

 

« L'île Nuage »

 
I. L'île qui flotte 

Il était une fois une île qu'on appelait l'île Nuage parce qu'elle flottait en l'air et qu'elle était toute blanche et cotonneuse. Sur cette île, tout était nuage : les maisons, le mobilier, les animaux, les plantes… Les habitants de cette île, les Nuageux, se déplaçaient uniquement en volant, grâce à la paire d'ailes qu'ils avaient dans le dos. 

II. L'île qui rétrécissait 

Un été, sur l'île Nuage, il fit tellement chaud que l'île se mit à rétrécir. L'île commençait à laisser apparaître des trous de plus en plus grands et les Nuageux craignaient de voir leur île disparaître. Ils décidèrent alors de réagir. 

III. La réunion 

Les Nuageux allèrent voir le chef de l'île, Vaporeux. Les habitants, affolés par la disparition certaine de leur île s'ils n'agissaient pas, parlaient sans s'écouter.

 Hou, la, la ! L'île va disparaître... dit l'un.

 Il faut faire quelque chose ! reprit l'autre.  

 Il faut quitter l'île et trouver une autre île, affirma un troisième.

 Non, il faut sauver l'île, lança un quatrième.

 Ne vous affolez pas ! interrompit Vaporeux, fatigué par toute cette agitation. J'ai une solution. Allons voir la magicienne pour lui demander de l'aide. Cette grande sage trouvera certainement une solution à tous nos problèmes.

Vaporeux avait été si clairvoyant que tous les Nuageux ne purent qu'être d'accord entre eux et acceptèrent sans hésiter cette solution. 

IV. La visite à la magicienne 

Nanor, Seluj, Drazard furent désignés par Vaporeux pour leur courage et leur expérience. La mission qui leur fut confiée était d'aller voir la magicienne qui habitait sur l'île Nuage Multicolore. Aussitôt, les trois Nuageux se rendirent à son château en volant. 

Arrivés sur place, ils virent la magicienne et lui dirent : « Notre île, l'île Nuage, est en train de s'évaporer à cause des rayons du soleil qui sont trop chauds. »

Drazard poursuivit : « Vaporeux nous a envoyé pour vous demander de l'aide, car sans vous, notre île va disparaître. »

La magicienne, comprenant l'urgence de la demande, répondit aussitôt : « J'ai la solution à tous vos problèmes. Vous devez prendre des couleurs qui se trouvent sur l'îlot Jaune, l'îlot Bleu et l'îlot Rouge. Ensuite, vous devez me les rapporter pour que je fabrique un parasol-arc-en-ciel. Ainsi, vous serez protégés définitivement des rayons du soleil. »

Les Nuageux s'interrogèrent : « Nous comprenons ce que vous dites, magicienne, mais comment allons-nous récupérer ces couleurs sur les trois îlots ? »

La magicienne leur expliqua : « Il vous suffira de prélever des éléments naturels sur chaque îlot qu'il faudra ensuite me rapporter dans des récipients magiques. »

La magicienne offrit plusieurs récipients magiques aux trois missionnaires qui partirent immédiatement annoncer aux Nuageux la solution trouvée. 

V. L'îlot Rouge 

À leur tour, trois autres Nuagueux furent sélectionnés pour leur force physique afin de récupérer la couleur rouge. Il s'agissait de Loivy, Elhuet et Turdolf. Ces derniers partirent aussitôt sur l'îlot Rouge d'où ils ramenèrent de la terre rouge, du sable rouge et de la lave d'un volcan, encore liquide et rouge. 

VI. L'îlot Bleu 

Pour se rendre sur l'îlot Bleu, il fallait des Nuageux rusés et dotés d'une grande résistance au froid. Baneau, Linsa et Néla avaient ses deux qualités et furent désignées par Vaporeux pour partir sur l'îlot Bleu.

Leur mission fut délicate : pour récupérer la couleur bleue située dans le lac glacé, il fallait affronter un serpent très féroce qui s'y cachait. Les trois Nuageuses, très malines, profitèrent de la digestion du serpent pour prélever discrètement l'eau bleue cachée sous la couche glacée du lac bleu. Et sans attirer l'attention du serpent féroce, elles repartirent de l'îlot Bleu avec la précieuse couleur.

VII. L'îlot Jaune 

Pour l'îlot Jaune, une grande vivacité et une grande intelligence étaient nécessaires pour récupérer la couleur jaune. Lotchare, Ecila, Haras avaient ces qualités et furent sélectionnées. Elles se rendirent sur l'îlot Jaune en empruntant un descenceur, car le voyage était long et ne pouvait être fait uniquement en volant. Dès leur arrivée sur l'îlot Jaune, les trois Nuageuses se dirigèrent vers une grotte située dans la montagne, à l'endroit même où passait un ruisseau rempli de paillettes d'or. Elles en ramassèrent quelques poignées et repartirent en toute hâte vers l'île Nuage. 

VIII. La fabrication de l'arc-en-ciel 

Les Nuageux amenèrent chez la magicienne les couleurs trouvées sur les îlots.

La magicienne versa les couleurs dans sa marmite et dit :

« Maintenant, nous allons allumer le feu et pour cela il nous faut une formule magique : Colori Colora et l'arc-en-ciel apparaîtra ! »

Ils mélangèrent les couleurs avec une cuillère spéciale. Dans la marmite, les couleurs bouillonnèrent et ce fut magique. Cela fit de la vapeur de toutes les couleurs. Chaque couleur monta dans le ciel entre les nuages et le soleil. Du rouge et du jaune pour faire de  l'orange, du jaune et du bleu pour faire du vert.

- Et pour le violet, comment peut-on faire ?

- Prenez un petit bout de nuage, ajoutez du rouge et cela fera du rose. Et avec le rose et le bleu, on obtiendra du violet.

Voilà comment les sept couleurs de l'arc-en-ciel furent créées.

L'arc-en-ciel était très joli, magnifique, mais surtout il était très utile. Il n'était pas simplement un arc-en-ciel, il était un parasol-arc-en-ciel. Et ses couleurs protégèrent définitivement l'île Nuage des rayons du soleil.

«  Notre île est sauvée ! déclara Vaporeux. Merci magicienne de nous avoir aidés !

- Vous êtes très gentils et nous avons tous bien travaillé.

- Vive l'île Nuage et les Nuageux ! »
 

Par Andrea Abrazard, Maël Avril, Gaston Bouley, Matteo Chauvel, Julie Gillet, Léo Guillard, Eliott Jacquelin, Nathanael Johnson-Ansah, Luna Millan, Laly Renard, Rodolphe Turquetil, Manon Vornieres, Isaline Anfray, Alice Baruchello, Charlotte Blot, Meline Desechalliers, Ronan Hebert, Sarah Heurtevent, Elias Huet, Maël Kerbiriou, Tom Lautier, Lena Loison, Evy Loison, Suzon Marguerie, Aubane Moriceau, Louise Pagny, Ambre Poret, Jules Prioux, Thelma Roulland. 

Élèves des classes CE1/CE2 de Mr Pasquereau. Ecole primaire de Tourville-sur-Odon 

 

« L’île voyageuse »

I. L’île sans rien

Il existait une ‘île sans rien, sans vie sur sa terre. Elle était sans couleurs, sans forme et sans bruits. Elle bougeait doucement à cause du vent, on l'appelait l’île Voyageuse. Elle était désertique, il n’y avait aucune trace de végétation. Aucune rivière, aucune montagne, aucune colline verdoyante, sans aucun nuage, seule la douce odeur de la mer, aucun poisson autour de l’île Voyageuse. Bref! C'était désertique: rien, rien, rien de rien!!!!. 

II. L’île prend forme

L’île Voyageuse était molle et sans forme. Elle prit la direction de l'île des Cœuriens. Elle cogna cette île et comme elle était tout molle c’était comme rentrer dans un moule. Quand elle reprit son chemin, elle s'approcha tout près de l’île Béton et Flammes et alors elle durcit très vite. Elle avait désormais la forme d'une tête d'oiseau. Puis elle reprit sa route sur la mer et partit en direction de l’île Volcan.

III. Les nouvelles montagnes

L’île Voyageuse avait pris la forme d'une tête d'oiseau, mais elle était sans couleurs. Elle voguait tranquillement. Le soleil était présent, une belle brise d'été apparu en fin de journée. Alors qu’il faisait nuit, l’île voyageuse heurta l’île Volcan, en pleine éruption. La lave des volcans était très très chaude, aussi brûlante que le feu, et des cailloux énormes tombaient sur l’île. C'était une sorte d'avalanche: des tas énormes se formaient. Une montagne bien pointue vit le jour, puis deux, puis trois, puis quatre, puis cinq… puis des centaines et bientôt des milliers. De belles montagnes bien pointues étaient arrivées. L’île voyageuse qui avait désormais des montagnes prit la direction de l’île Nuage. 

IV. Des couleurs sur l’île

L’île Voyageuse passa sous l’île Nuage. Il plut toute une nuit, et le lendemain, l’île Voyageuse avait attrapé une couleur ! Cette couleur était jaune, d’une brillance extrême, si splendide que personne n’y résistait ! Une nuit passa encore, et une nouvelle couleur apparut après la pluie de couleur : ce fut cette fois un rouge très vif. La troisième couleur était cette fois bleue, elle apparut à la fin d’une journée de pluie bleue. L’île était maintenant merveilleuse avec ses trois couleurs. Elle repartit tranquillement sur les flots au petit matin, sous le soleil levant. 

V. Des arbres et des animaux sur l’île

Après l’île Nuage où elle avait pris de l’eau et des couleurs, l’île Voyageuse continua son voyage. Après plusieurs jours de dérive,  elle arriva en vue d’une autre île. De loin, elle ressemblait à un drôle de P avec un port, un village et une sorte de case de sorcière. Pendant la nuit, il y eut un énorme choc. L’île Voyageuse venait de heurter l’île en P ! Quelques minutes après, il y eut un grand boum, puis soudain la terre se mit à trembler. Un bout de falaise s’écroula sur l’île Voyageuse.

Sur ce bout de falaise écroulé, il y avait une ferme. La falaise emporta de la végétation, des animaux, de la terre et la ferme. Quand le fermier revint, il ne vit plus sa ferme. 

VI. L’arrivée des habitants

Sur l’île Voyageuse, il y avait maintenant de la végétation et des animaux, et un jour le fermier arriva à la nage.

Il dit : « C’est magnifique ! Je vais construire des maisons pour qu’on y habite, et je vais dire à tout le monde de venir voir ma découverte.»

Les habitants de l’île en P vinrent visiter l’île Voyageuse et dirent au fermier:

« Comme vous avez raison! Ces arbres! Ces animaux! Cette île est magnifique! ».

Ils construisirent une ville, ils utilisèrent les pierres arrivées avec les montagnes, ils les taillèrent et en firent des sièges, ils construisirent des routes. Puis l’île repartit sur la mer. 

VII. L’île devient musicale

Quand l’île Voyageuse arriva sur l’île Trompette, c’était dimanche, jour du carnaval. Les habitants de l’île Voyageuse entendaient de la musique : elle était rythmée, joyeuse, festive. Elle donnait envie de danser. Même la nuit la musique continuait. Le lendemain matin, la musique s’arrêta. Les animaux et les hommes se mirent à chanter à leur tour: ils avaient appris la musique pendant la fête.

Deux semaines s'écoulèrent, sur l’île Voyageuse il y avait maintenant de la musique. Elle repartit sur les océans, vers de nouveaux horizons. 

VIII. La fin du voyage

L’île Voyageuse naviguait tranquillement sur la mer. Elle avait été désertique, sans rien et sans vie! Désormais, elle avait tout ce qu'il fallait. Elle avait pris forme de tête d'oiseau, avait durci, avait pris le relief des montagnes, de la couleur des arbres et de jolis animaux. Sans oublier les hommes qui chantaient gaiement donc l’île devient gaie. Tout à coup, il y eut un gros choc ! BOUM ..! Elle venait de se coller sur l’île Triangulaire Tournante. Les habitants de l’île Voyageuse s'aperçurent que leur île ne voyageait plus et les habitants de l’île Triangulaire s’aperçurent que leur île ne tournait plus sur elle-même. Les habitants de l’île Triangulaire étaient contents qu'elle ne tourne plus sur elle-même car les jours passaient moins vite, et les habitants de l’île Voyageuse étaient heureux car elle ne voyageait plus. Du coup, les habitants des deux îles sympathisèrent entre eux.

Comme par hasard, ces deux iles regroupées avaient la forme de l'Amérique Latine!
 
Par Chloé Agnez, Paul Asseman, Agathe Bellanger, Carla Bue, Lucie Champin, Aloïs Chesnel, Paul Desvoye, Enzo Dournel, Clément Dubosq, Alison Hamon, Célestine Morin, Jules Mougel, Louise Prioux, Hugo Renard, Anthony Cachard, Jérémy Cheron, Romane Deredec, Théo Fiant, Gabriel Guillard, Kelly Hamon, Lou Hardel Quesnot, Larisse Johnson-Ansah, Bryan Lebey, Zoé Legoubin, Marin Moriceau, Alice Pagny, Aglaé Roulland, Milo Rosseville.
Elèves de la classe de CM1 de Mme. Colin : Ecole primaire de Tourville-sur-Odon.


 

 

 

 

 

 

 

Autour de mes livres, de la lecture, l'écriture, l'illustration

Autour de mes livres, de la lecture, l'écriture, l'illustration
je rencontre des enfants Français, Cubains, Espagnols, Colombiens, Guyanais, Argentins, Brésiliens...

message d'accueil

Auteur pour la jeunesse je le suis depuis presque toujours, car avant de les écrire pour de bon, je me racontais moi-même des histoires, puis je les ai racontés a ma sœur, mon frère, mes amis... J’ai publié mon premier texte et mon premier dessin à 19 ans et en 1983, mon premier livre. Six ans après j'ai quitté Cuba. C'était quelques mois avant la chute du Mur de Berlin. Arrivé en France en septembre 1994, après avoir vécu deux ans au Brésil et trois au Danemark, je suis reparti pour quatre ans et demie en Argentine. Depuis 2004, mes racines s'enfoncent sur le sol parisien. J'y écris mes romans toujours en espagnol, mais les contes et histoires me viennent de plus en plus souvent en français. Mes thèmes sont liés à Cuba, mais pas seulement car j’ai une écriture et des sujets « universels ». Même si plusieurs de mes livres sont parus en français (en portugais et même en basque) avant d'être publiés en espagnol, je compte presque une trentaine de titres publiés à Cuba, en Espagne, en Argentine, au Mexique, en Colombie... contre sept seulement en français. Je suis un métis culturel accompli en ce qui concerne la langue, les références vitales, les formes littéraires, les repères culturels ou politiques. C’est aussi par métissage que j’illustre de temps en temps mes livres. Ayant pratiqué le journalisme littéraire et les animations très tôt, c’est naturellement que je trouve dans ces dernières formes d’activité et de rencontre de l’autre, le même plaisir créateur que dans la production de mes fictions.

un auteur multiculturelle dans la classe

un auteur multiculturelle dans la classe
version de l'article d'Anne Marie Latapie publié dans InterCDI in Intercdi n°226 n° spécial 2010

atelier d'écriture, l'opinion d'un enseignant


Le 18 décembre 2008, la classe de 6e 2 a accueilli Joel Franz Rosell, écrivain partenaire de Voyages en ville. L'auteur n'était pas exactement un inconnu, puisque les élèves avaient lu son roman Cuba, destination trésor. Ce roman d'aventure, qui raconte la passionnante découverte d'un double trésor à Cuba par une fillette espagnole, a plu à l'ensemble de la classe. Certains élèves ont d'ailleurs obtenu une excellente note au contrôle de lecture rendu le matin même.

Cette fois pourtant, c'est physiquement que M. Rosell s'est présenté devant eux, rejoint un peu plus tard par Mme Caveng, notre ex-documentaliste, qui a exercé toute sa carrière entourée par la littérature pour la jeunesse. Nous n'avions pas prévu une intervention extrêmement structurée ni précise, afin de permettre des échanges aussi spontanés que possible. Seuls trois axes étaient au programme : le métier d'écrivain et l'écriture romanesque, le roman Cuba, destination trésor, enfin des conseils et échanges autour des nouvelles que les élèves vont écrire (dans le cadre du projet Voyages en ville).

M. Rosell nous a d'abord évoqué avec précision et enthousiasme ses premières activités d'écriture vers l'âge de 11 ans, puis ses débuts d'écrivain et la réalité de ce métier. Son jeune public a pu se rendre compte que le métier d'écrivain ne se limite pas à l'écriture, mais comporte des aspects pratiques parfois compliqués, tels que la prise en compte des impératifs de l'édition... La classe a constaté qu'entre la plume de l'écrivain et les rayons des librairies, une œuvre traverse un parcours bien compliqué!

Les élèves ont pu avoir sous les yeux ses premiers essais romanesques, rédigés et illustrés sur un cahier d'écolier, en 1967. La lecture du texte en espagnol n'était guère accessible aux élèves, mais ils ont apprécié l'expressivité des illustrations colorées (de la main même de l’auteur alors un enfant).

Notre auteur a ensuite apporté des précisions sur les techniques d'écriture romanesque. Son public a pu comprendre que l'écriture d'un roman est un exercice de longue haleine, qui exige beaucoup de temps, de réflexion et de précision. Il a en effet expliqué que les faits essentiels d'un roman doivent y trouver leur justification, amorcée parfois bien avant leur conséquence sur l'intrigue. Il a expliqué que même lorsque les grandes lignes sont parfaitement établies et rédigées, il est fréquent de devoir modifier tel ou tel événement de façon à ce qu'il s'intègre plus naturellement dans l'intrigue. D'ailleurs, M. Rosell a exposé à son jeune public que la construction même de l'intrigue doit être minutieuse, comporter des rebondissements et des obstacles auxquels le lecteur puisse adhérer. Quant aux personnages, il leur a expliqué qu'ils doivent offrir un certain réalisme, et jouer un rôle qui s'articule précisément autour de peripeties de l'histoire, étant notamment aides ou opposants.

L'intérêt des explications de notre auteur est d'avoir pu les illustrés par son expérience confirmée et des exemples précis empruntés à son roman, que les élèves connaissent bien. Ainsi, les retouches et corrections apparaissent parfois tardivement dans la rédaction du roman, et permettent d'améliorer le naturel de l'intrigue, nous a-t-il expliqué.

M. Rosell a précisé aux élèves que les sources d'inspiration sont nombreuses et relativement variées. La découverte du trésor du roman rappelle une découverte qu'il a faite lui-même dans son enfance, tandis que des aspects du collège où se déroule une partie de l'intrigue reflètent celui qu'il a lui-même fréquenté adolescent. Notre écrivain a aussi souligné l'importance de la vraisemblance historique qui réclame une connaissance relativement précise des faits, exigeant que l'écrivain se documente. Il nous a bien expliqué comment l'écriture d'un roman est un processus riche et généralement imprévisible, qui peut progresser de manière variable au gré des recherches et trouvailles, et prendre parfois beaucoup de temps, quelque soit la longueur du texte.

Dans un troisième temps, M. Rosell a exposé avec beaucoup de clarté à la classe les éléments fondamentaux de la technique narrative. (en préparation du travail d'écriture dans le cadre du projet Voyages en ville).

Les élèves ont pu se rendre compte qu'un cadre global établi à l'avance est indispensable à la réussite de l'écriture et romanesque. On doit préalablement définir l'identité des personnages clés, le lieu, et le temps. À ce propos, il distingue l'époque à laquelle se déroulent les faits de la durée de l'intrigue. On réfléchit ensuite à un problème (ou complot) que vont rencontrer les personnages principaux. Cela rappellera bien sûr aux élèves l'élément perturbateur des contes, qui leur est familier.

Concernant les techniques narratives, M. Rosell a insisté sur les différents points de vue, c'est-à-dire qui est le narrateur (personnage ou extérieur), et a évoqué différents styles d'écriture : mystérieuse, humoristique, exprimant un fort sentiment. Pour illustrer son propos, il s'est livré à une amusante improvisation très concrète, témoignant d'un savoir-faire confirmé.

Dans les grandes lignes, l'écriture d'une nouvelle ou d'un roman doit comporter trois étapes : la présentation, le noyau, la fin, c'est-à-dire la chute, ou encore solution.

Notre écrivain a rappelé qu'il est bon de varier les types d'écriture, et d'alterner narration, description du dialogue.

Ainsi s'est terminée la séance, et j'ai bien l'impression, à voir l'attention des élèves et leurs réactions, qu'ils n'ont pas vu le temps passer. Encore une fois, nous pensons que les photos prises lors de cette intervention le montreront tout aussi bien que les mots !

Vincent Goguel

professeur de français

Collège Raoul Dufy. Le Havre


Rencontre avec Joël Franz Rosell, écrivain cubain

« Je n'écris pas pour me comprendre mais pour comprendre les autres »

Lors d'une signature dans une librairie parisienne il y a une dizaine d'années, j'ai rencontré avec une collègue professeur d'espagnol, l'écrivain cubain Joël Franz Rosell. Il se montre très soucieux de son public et du message qu'il fait passer et nous comprenons tout de suite l'intérêt que auraient nos élèves à rencontrer un tel écrivain.

Même s'il a gardé un accent chantant d'Amérique du Sud, il maîtrise parfaitement la langue française, au point de débattre à propos d'un mot employé par ses traducteurs!

Depuis 2001, Joël Franz Rosell rencontre les élèves avec des collègues de français et d'espagnol au CDI et ce de la 6ème au BTS..

Qui est Joël Franz Rosell?

Né en 1954 à Cuba, licencié en Langue et Littérature Hispaniques en 1979, il travaille d'abord comme animateur littéraire pour le Ministère de la Culture de Cuba et aussi comme enseignant, bibliothécaire et auteur de programmes pour la radio cubaine.

Après avoir beaucoup voyagé et résidé au Brésil, au Danemark, en Argentine, il s'installe à Paris et travaille comme journaliste à Radio France International et professeur à l'Université de Marne la Vallée. Depuis 2004 il se consacre entièrement à son travail d'écrivain, illustrateur et animateur littéraire.

Auteur aujourd'hui d'une vingtaine d'ouvrages pour la jeunesse, dont six ont été publiés en français, il a également illustré quatre livres et fait connaître plus d'une centaine d'articles et essais, la plus part sur le livre pour la jeunesse et les échanges culturels.



Rencontre avec les élèves

De la 6ème au BTS, il rencontre régulièrement ses lecteurs en classe de français ou d'espagnol. La préparation de la rencontre s'organise entre documentalistes et professeurs de la discipline avec une présentation de ses différents livres, un travail à partir d'un thème (qu'est ce qu'écrire? Cuba, hier et aujourd'hui? Esclavage et métissage... Quelle place pour la réalité et l'imaginaire dans l'oeuvre littéraire?...). Après avoir lu un ou plusieurs de ses ouvrages, les élèves sont tous surpris qu'un auteur soit « vivant et ne figure pas dans le dictionnaire » (en fait Joel Franz Rosell figure dans plusieurs dictionnaires d'auteurs espagnols et latino-américains mais ça ses jeunes lecteurs français ne le savent pas!).


Les questions sont variées:

- Pourquoi écrivez vous et depuis quand ?

« J'écris depuis presque toujours. D'abord dans ma tête, parce au Cuba du début des années 60 rares étaient les livres pour la jeunesse et je imaginais les livres que je ne pouvais pas trouver. Plus tard, j'ai écrit en dessinant: je rendais plus amusant le cahier de Math grâce aux aventures de « Super Poitrine », un super-héros calqué sur Superman qui avait par archi ennemi un... professeur de mathématique en style savant fou. J'ai commencé à écrire pour de bon à 12 ans: des petits romans qui ressemblaient aux histoires que j'avais découvert dans la bibliothèque municipale: Tintin, Club de cinq, Fifi Brin d'acier... »

Un jour il se fait voler en classe de sport un livre de Jules Verne qu'il avait emprunté et il n'ose pas l'avouer aux bibliothécaires. A cette époque, il écrit plus qu'il ne lit car il a un public... peu nombreux mais exigeant: un frère, une sœur et des amis qui lui demandent des nouvelles des héros qu'il a créé: des aventuriers cubains, français ou ressortissants des « pays frères » la Roumanie communiste, l'Allemagne de l'Est... A travers ces petits romans maladroits Joel Franz Rosell parcourt le monde... et plus si affinité: en effet, à l'instar de son modèle Tintin, il expédie l'un de ses héros à l'espace. La Lune est déjà prise? Qu'à cela ne tienne: il envoie son Trentin, son chien Siré, son capitaine Bischop et son professeur fantasque à la planète Mars!

A 19 ans, Rosell rejoint l'atelier littéraire de l'Université Central et se résout à devenir un vrai écrivain. Il détruit les 54 romans de ses débuts (ne préservant que quelques manuscrits qui enchantent les enfants et adultes qui le rencontrent dans écoles et autre salons du livre). Il décide de n'écrire que ce qu'il connaît bien et s'acharne a peaufiner son style. Mais il n'abandonne pour autant le jeune publique... Pour ne pas perdre totalement l'enfance?

« Comme tout écrivain, j'écris d'abord pour moi-même: pour lire tout ce que je ne pourrai jamais vivre, pour aller là où je ne pourrai jamais me rendre, pour connaître des gens que je ne rencontrerai jamais... J'avais 4 ans lorsque mes parents ont décidé de réinstaller la famille dans une autre ville. Pendant le déménagement mon frère et moi avons perdu la collection de comics que nous commencions à peine à déchiffrer. Les comics américains étant interdits par le nouveau régime communiste, la perte était irrémédiable. Je crois que c'est alors que j'ai décidé de devenir écrivain: pour que plus jamais on puisse me priver d'histoires!».

- Pourquoi écrivez vous sur Cuba?

« A Cuba, dans les années 70, le régime communiste voulait que les écrivains se mettent au service de la Révolution. On devait refléter le monde de l'ouvrier, prêcher le nouveau modèle socioéconomique. Mais je n'arrivait même pas à refléter le monde des enfants cubains! Je commençait le récit réaliste que l'on attendait de moi... et ça ne tardait pas à devenir une histoire de mystère, de magie ou d'aventure.

En fait, tant que j'y ai vécu, je n'ai jamais réussi à écrire sur Cuba. Le primer livre que j'ai publié était un polar qui s'insérait dans des faits d'actualité, mais mon histoire se déroulait dans une ville qui n'existe pas à Cuba. J'ai gommé tout ce qui me déplaisait dans la réalité cubaine de l'époque et les critiques m'ont reproché mon manque de vraisemblance. Dans mon deuxième livre il était question du temps avant les hommes et à peine quelques animaux et plantes évoquaient vaguement le cadre cubain... Par contre, dès que j'ai quitté Cuba, j'ai eu le besoin de faire venir à moi le terroir perdu.»

C'est en arrivant au Brésil que Joel Franz Rosell écrit Cuba, destination trésor, un roman qu'il va retravailler pendant dix ans, cherchant à fixer la changeante réalité du Cuba d'après la chute du Mur. Le roman, publié en langue française en 2000 (deux ans avant la première édition en espagnol), réussi à rendre accessible aux enfants d'autres pays les singularités politiques, sociales et économiques de cette île hors norme. L'année suivante il fait paraître Malicia Horribla Pouah, la pire des sorcières. Ce titre drolatique cache un portrait amusé de la capitale cubaine, même si ce n'est pas le but du livre.

« Ce n'est pas que la réalité ne m'intéresse pas, mais je crois pouvoir mieux saisir la vérité profonde des choses avec une distance « technique »: le fantastique, l'aventure, la parodie. »



C'est pourquoi des nombreux livres de Joel Franz Rosell n'ont pas Cuba pour cadre. C'est le cas du premier à être traduit en France (Les aventuriers du cerf-volant se déroule dans un monde imaginaire dont les souverains, pourtant, font penser à un certain Fidel Castro...). C'est plus vrai encore pour son album L'Oiseau-lire, une très belle fable sur la lecture, sur le besoin de tout auteur de rencontrer ses lecteurs, sur la lutte de chacun, les livres aussi, d'accomplir leur rêve.

Ce genre, le conte philosophique, abonde dans des ouvrages pas encore traduits comme Pájaros en la cabeza ou Los cuentos del mago y el mago del cuento, qui font les délices des élèves d'espagnol. Ces textes se prêtent très bien pour les étudiants de langue étrangère car il sont brefs et possèdent la simplicité de contes pour enfants... avec un fond bien sérieux, qui fait réfléchir aussi bien le jeune que l'adulte.



- Écrivez-vous sur les pays que vous visitez?

« Comme je disais auparavant, je crains ne pas voir l'essentiel de la réalité. C'est peut-être la faute de mon imagination qui envahie tout... Pourtant, je suis très ouverts aux autres cultures, à l'Histoire, aux problèmes des pays que je visite... et encore plus lorsque j'y reste un peu.

J'ai vécu longtemps en France et pas mal au Danemark, en Argentine, en Espagne. Ces pays ont nourri ma sensibilité, mon expérience vitale, ma culture. Comment pourraient-ils être absents du fond et de la forme de mes écrits?

Je donnerai un exemple assez claire: la première version de La chanson du château de sable je l'ai écrit en 1988, peu avant quitter Cuba. Je l'ai publié au Brésil et Espagne sans y changer grande chose. Mais pour la version 2007, j'ai procédé à une modification très importante: pas au niveau du texte, qui n'a connu que les changement qui découlaient de la langue française, puisque je l'ai traduit moi-même. C'est par les illustrations que j'ai donné une nouvelle signification au récit: J'ai dessiné une plage tropicale et mes héros sont devenus un homme noir et son fils métis (la mère n'apparaît pas dans l'histoire, mais elle y est représentée par la princesse Coquillage, qui a des traits européens). Je cherchais de cette façon à m'approcher des enfants de la Caraïbe que j'allais avoir comme premiers lecteurs (le livre a été édité en Guyane par le plus grand éditeur de la région). Au même temps, je retrouvais ainsi les qui m'entouraient dans la plage de Santiago de Cuba (la région la plus métissée de mon pays) où j'ai imaginé l'histoire en 1983.

Au même temps, c'est mon expérience française et même celle de mon quartier multi-ethnique du nord de Paris ce que m'a fait remarquer que la plus part des albums français ayant pour héros des enfants « de couleur » tendent à abordent des sujets « spécifiques »: la question raciale, la nature exotique, la pauvreté, la famille nombreuse, le village et son conteur attitré... Dans ces albums on trouve rarement des sujets qui sont communes aux enfants de toute la planète: être jaloux d'un petit frère ou pas gentil avec sa petite sœur, avoir peur de l'obscurité, faire pipi au lit... La chanson du château de sable ne raconte rien qui ressemble à tout cela: j'y parle d'un enfant qui ne comprend pas pourquoi ses châteaux de sable ne restent pas sur la plage et de ce que son père que lui répond.

Et je ne me suis point inspiré de fable, légende ou conte de tradition orale quelconque! J'ai tout simplement voulu ouvrir mes lecteurs du Nord à une autre vision des enfants du Sud, et inviter mes lecteurs du Sud à avoir une autre vision d'eux mêmes.



-Faites vous un brouillon? Écrivez-vous sur l'ordinateur? Combien de temps met-on à écrire un livre? Gagne-t-on beaucoup d'argent?



« Chaque écrivain à sa façon personnelle de travailler et même chaque livre exige une façon spécifique d'être écrit. Je ne fais de brouillons que pour les illustrations (que je fais à la main: crayon suivi de feutre fin pour les lignes, puis gouache ou acrylique pour la couleur). Par contre, je corrige ENORMEMENT mes textes. Je corrige même les livres déjà publiés, que je relis de temps en temps. Ce n'est pas que j'aime particulièrement me relire et encore moins que j'aie du temps à perdre; cela sert à éviter de commettre les mêmes erreurs dans des livres à venir, à améliorer le livre au cas où (c'est très rare) son éditeur en voudrait introduire ces améliorations dans une deuxième édition. Ça m'a d'ailleurs servi pour des nouvelles versions dans la même langue ou pour préparer des traductions. Je prends aussi plein de notes: ma tête travaille tout le temps et pendant très longtemps (parfois dix ans, comme pour Cuba, destination trésor, ou dix-huit ans comme pour La légende de taïta Osongo ou L'Oiseau-lire!). Je fais mûrir les projets les plus variés dans ma tête: des contes, des romans réalistes ou fantastiques, des articles, des bandes dessinées...

J'ai commencé à écrire au crayon sur des cahier scolaires, puis je suis passé au stylo-bille (plus rapide). Lorsque j'ai commencé à vouloir publier mon travail, je recopiais mes manuscrits, une fois finis, à la machine. Jusqu'en 1988 j'ai utilisé des machines mécaniques d'époques et qualité diverses (la première était une Underwood aussi imposante qu'un petit piano!). Puis j'ai eu des belles machines électroniques et, enfin, mon premier ordinateur. Le premier livre que j'ai entièrement écrit à l'ordinateur c'est Les aventuriers du cerf-volant. C'est pourquoi ce livre marque, en 1993, le début d'une nouvelle étape de ma carrière littéraire: avec l'ordinateur, mes doigts écrivaient enfin presque aussi vite que ma tête et cela m'a donné la liberté créatrice dont j'avais tellement rêvé. »

Mais il y a eu autre chose, et cela a beaucoup à voir avec l'ouverture culturelle: Joel Franz Rosell habitait alors au Danemark et raconte qu'il essayait d'apprendre le danois au même temps qu'il se servait de l'anglais dans la vie quotidienne. En plus, lui et son épouse venaient de prendre la décision d'abandonner le portugais, qu'ils utilisaient depuis leur rencontre trois ans plus tôt, mais que n'était ni la langue de l'un ni de l'autre, pour le français.

« Dans ce melting-pot linguistique, l'espagnol n'était presque que ma langue d'écriture et j'ai commencé à la regarder comme quelque chose d'extérieur et pourtant propre. Le fait de vivre entouré d'autres cultures et plongé dans d'autres langues m'a permit de me réapproprier ma langue maternelle: j'ai appris à connaître sa véritable mécanique, à jouer avec elle, à la réinventer.

Cela a révolutionné son mode d'écriture, sans pour autant rendre celui-ci plus « rentable »...

« Un écrivant n'est jamais payé pour le travaille qu'il fait, mais reçoit à peine un tout petit pourcentage de l'exploitation commerciale qui fait du produit de son travail cette indispensable intermédiaire culturel-marchand qu'est l'éditeur. Je veux dire par là que, par exemple, le salaire d'un conducteur de bus est calculé sur le service qu'il rend pendant chaque heure au volant, tandis que l'écrivant, lui, n'a pas de salaire et peu importe le temps inverti dans la fabrication de son ouvrage ou la qualité finale de celui-ci. Il travaille sans avoir la moindre idée du résultat et du temps à la tâche et seulement une fois achevée celle-la, il doit trouver l'éditeur qui multipliera le manuscrit dans un certain nombre d'exemplaires et lui donnera, seulement bien de mois après les avoir vendu (s'il en vend) 4, 6 ou très exceptionnellement 10% du prix de vente. Bref, comme il y a des dizaines de milliers de nouveaux titres et des millions d'exemplaires chaque année, et comme les lecteurs ont maintenant beaucoup d'autres moyens de s'instruire et divertir (avec plein de ravissants petits appareils électroniques), rares sont les écrivains qui gagnent beaucoup d'argent. Un écrivain que vous n'aurez jamais vu à la télé, est certainement un écrivain qui gagne peu d'argent. Et des écrivains à la télé, vous en avez vu souvent, vous?

-Alors... pourquoi écrivez-vous (et oui, à ce moment de la rencontre, les élèves reposent cette question)...?

« Je n'écris pas pour en vivre, je vis pour écrire. Je ne veux pas dire que si je n'écrivais pas je n'aurais aucune raison de vivre (cela sonne trop solennel et ce n'est pas très original), mais j'avoue ne pas pouvoir imaginer ma vie sans la littérature.

Écrire me permets comprendre le monde et c'est aussi ma façon d'agir. Je ne prétends pas changer le monde avec mes livres... Mais les lecteurs changent pendant qu'ils lisent, et c'est tellement merveilleux d'être quelqu'un d'autre, de n'être pendant un certain temps soi-même...! Ne vaut-t-il pas cela quelques sacrifices, y compris celui de ne pas être très riche?

Écrire c'est comme lire, mais en mieux (je ne sais pas qui a prononcé cette phrase magnifique).

Je n'écris pas pour me comprendre, mais pour comprendre les autres... en prenant un peu leur place lorsque j'écris leur histoire, par exemple. Mais il m'est aussi arrivé de mieux me connaître grâce à l'écriture d'un livre...

On savait bien que Joel Franz Rosell ne manquerait pas d'évoquer La légende de Taïta Osongo. C'est son meilleure livre. Pas seulement parce qu'il est superbement écrit, mais parce qu'il lui a permit de plonger dans ses origines afro-cubaines, que sont aussi ceux du peuple cubain.

« J'allais avoir 29 ans et j'étais encore un gamin. Parce que je ne savais pas qui j'étais, parce que je ne connaissais pas ma famille et parce que j'ignorais l'essence profonde de mon pays. Je venais de me marier et ma première femme habitais à Santiago de Cuba. A différence de la moitié ouest de mon île, la partie que seule je connaissais, à l'Ouest les noirs et les métis sont majoritaires et l'on comprend que Cuba appartient au même monde que Haïti, la Guadeloupe ou la Martinique. Cette réalité m'a inspiré l'histoire d'un amour impossible entre une fille blanche, riche et un garçon noire, esclave. J'écrivais, sans me rendre compte, une histoire très proche de celle de ma grande-mère: une métisse que n'a pas épousé le père de ses enfants. En écrivant La légende de Taïta Osongo j'ai déterré l'histoire de ma famille, mais j'ai aussi j'ai assumé que moi-même je suis un « sang-mêlé » et j'ai résumé l'histoire de Cuba: un pays qui se voit blanc et qui n'a pas entièrement libéré la partie noire de son être.

J'ai écris cette histoire en 1983 et j'ai même eu un prix qu'aurait dû me permettre sa publication immédiate. Mais je n'étais pas satisfait du résultat: j'avais puisé dans le passé de ma famille, de mon pays et dans mes propres contradictions, j'avais utilisé des éléments de la plus vieille culture cubaine, de la littérature contemporaine et même la structure d'un très vieux conte russe! L'amalgame n'était pas parfaite, et plus je me rendais compte de l'importance du sujet, plus je me disait qu'il devait revêtir une forme littéraire soignée.

J'ai mis 18 ans à trouver cette forme et c'est alors seulement que j'ai publié le livre. C'était en Guyane, en 2004. Une première édition en espagnol a vu la lumière au Mexique en 2006, mais ce n'est que l'année prochain que mes compatriotes auront le droit à leur propre édition.

Quand je dis que Cuba a du mal à se reconnaître métisse et héritière d'une société esclavagiste... »



Les objectifs pédagogiques :

- lire d'une ou plusieurs œuvres intégrales

- favoriser les échanges d'idées et s'écouter

- argumenter pour mieux se comprendre

- motiver les élèves, susciter le goût de lire et écrire

- familiariser l'élève avec l'univers de l'écrivain (son œuvre, sa culture d'origine, les temps et lieux de sa vie: Cuba, années 60, 70, 80; Brésil, Danemark années 90, la Caraïbe au temps de l'esclavage; Cuba après la chute du Mur: de 1993 à nos jours).

- réaliser qu'une œuvre est le fruit d'une réflexion, d'une ouverture au monde, d'une sensibilité, d'un travaille d'écriture intense, prolongé et autocritique, ainsi que des nombreuses lectures.

Projets de l'écrivain avec les enseignants-documentaliste et professeurs de discipline

Nous retravaillons avec lui ses interventions auprès des élèves et en nous fondant sur des projets qu'il avait déjà développé avec plusieurs établissements (y compris à l'étranger), et sur des formations qu'il a menée en 2009 et en 2010 avec des enseignants de langues à l'IUFM de Rouen.

Mise en place d'ateliers d'écriture en classe d'espagnol

Joël Franz Rosell proposa pour la première fois des ateliers d'écriture au lycée français de Buenos-Aires en Argentine, en 2001. Cette expérience permit à des élèves de CM2 et de 6ème bilingues (Français/Espagnol) d'écrire dans la langue qu'ils apprenaient et d'être initiés, grâce au travail proposé par l'écrivain, au travail d'écriture : choix de l'histoire, des personnages, construction des la narration et les dialogues. Il a mené des expériences semblables, en espagnol ou en français aux lycées français de Munich, Bilbao et Danemark.

Inscrits dans un projet de 4 séances, ces ateliers effectués en collaboration avec l'enseignant documentaliste et l'enseignant de discipline suscitent l'investissement des élèves et contribuent à diversifier les pratiques pédagogiques.

Utilisation de livres pour la jeunesse dans l'apprentissage d'une langue étrangère

Afin de compléter l'étude de textes et extraits d'œuvres proposés dans les manuels scolaires, Joël Franz Rosell nous propose de faire aussi travailler les élèves un peu plus longue et profondement sur des œuvres complètes courtes et adaptées au niveau de la classe. La littérature jeunesse permet d'exploiter des livres « qui n'ont pas d'âge » avec des activités variées et créatives pour des élèves qui peuvent réemployer les structures usuelles de l'œuvre, « écrire à la manière de... », compléter ou modifier des textes, travailler les champs linguistiques...



Avec ce travail complet sur l'étude d'une œuvre intégrale, proposée deux à trois fois dans l'année, l'élève accède au plaisir de lire un ouvrage littéraire entier, et se voit stimulé du fait de vérifier qu'il est capable de la faire dans la langue qu'il est en train d'apprendre; il exerce des compétences critiques par rapport à la littérature pour la jeunesse, et les thèmes abordés dans leurs lectures suscitent chez les élèves une curiosité, une envie d'aller plus loin grâce à des débats qui peuvent se développer en interaction avec des enseignants de plusieurs disciplines.

Contacts :

Joël Franz Rosell adhèrent à la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse :

www.la-charte.fr/

Un projet peut être monté avec la Maison des écrivains, de laquelle Rosell est également adhérent :

http://www.m-e-l.fe/

Vous pouvez aussi le joindre directement :

1 rue de l'Encheval

75019 PARIS

06 62 47 18 60

ajfrosell@yahoo.fr

bibliographie sélective:



- L'Oiseau-lire. - Belin. Paris, novembre 2009

-La Légende de Taïta Osongo - Ibis Rouge. Cayenne, 2004

-Cuba destination trésor - Hachette jeunesse. Paris, 2003

- Les Aventuriers du cerf-volant. - Hachette jeunesse. Paris, 1998

- Malicia Horribla Pouah, la pire des sorcières. - Hachette jeunesse. Paris, 2001

- Los cuentos del mago y el mago del cuento. - Ediciones de la Torre. Madrid, 1995

- Vuela, Ertico, Vuela, Ediciones SM. Madrid, 1997



Pour les plus jeunes:

- La Chanson du château de sable. - Ibis Rouge. Cayenne, 2007

- El pájaro libro. - Ediciones SM. Madrid, 2002

- Javi y los leones. - Edelvives. Zaragoza, 2003

-Pájaros en la cabeza. -Kalandraka. Pontevedra, 2004

-Don Agapito el apenado. -Kalandraka. Pontevedra, 2008



Pour les adultes :

- La Literatura infantil. Un oficio de centauros y sirenas. - Lugar Editorial, Buenos Aires, 2001

Les histoires écrites par Joël Franz Rosell se situent souvent entre la fable et la légende. Il mélange le réel et le fantastique, utilisant des jeux de mots, l'ironie, le langage poétique qui permet au lecteur de lire entre les lignes. Il « dit des choses qui vont plus loin que ce qu'il paraît »... Certains de ses livres sont plus réalistes et permettent connaître la réalité cubaine contemporaine, l'époque de l'esclavage dans la Caraïbe; abordant des problématiques diverses telles que la rencontre avec la différence, le racisme, l'écologie, la solitude, l'autoritarisme...

La rencontre avec l'auteur permet une véritable ouverture culturelle : « La littérature jeunesse doit être le reflet du monde dans lequel vit le jeune...et en même temps lui donner la possibilité de connaître d'autres mondes »

Originaire d'une culture d'Amérique Latine et grand connaisseur de l'ensemble de l'Amérique Latine, Joël Franz Rosell a aussi longuement vécu en Europe (France, Danemark, Espagne, Allemagne), il est aussi un spécialiste reconnu de la littérature pour la jeunesse en langue espagnole. Il nous permet d'en être les passeurs et médiateurs en nous appuyant sur ses livres.

Anne-Marie Latapie

Isabelle Devatine

professeures-documentaliste

Groupe scolaire Saint-Charles

Athis-Mons (91)




dessin de l'auteur

Nous avons tous une part d'ombre

Nous avons tous une part d'ombre

incompris!

incompris!